Électricien déposant le capot d'un tableau électrique aux normes, avec les quatre règles de la NF C 15-100

Tableau électrique aux normes : composition, règles et dimensionnement

Mis à jour le 10/10/2026

Un tableau électrique aux normes n’est pas un tableau neuf : c’est un tableau qui coupe ce qui devient dangereux. La NF C 15-100 lui demande au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA, pas plus de huit circuits par différentiel et une réserve de place. Prenons une maison des années 1990 dont le tableau n’a qu’un seul différentiel : voici ce qui manque, et comment le dimensionner sans le surcharger.

À quoi sert le tableau électrique ?

Le tableau ne produit rien : il arrête. Un disjoncteur divisionnaire coupe un circuit qui tire trop de courant, avant que le câble ne chauffe. Un interrupteur différentiel 30 mA coupe dès qu’une partie du courant part à la terre, par exemple à travers une personne qui touche un appareil en défaut. Le tableau est d’abord un dispositif de sécurité, ensuite un boîtier de répartition.

Il commence là où s’arrête le réseau public. Selon Enedis, le compteur et le disjoncteur de branchement « constituent la partie terminale du branchement et fixent la frontière entre le Réseau Public de Distribution et l’Installation du demandeur ». Tout ce qui suit les bornes de sortie de ce disjoncteur, appelé AGCP, relève de votre installation. En général, compteur et AGCP sont posés dans le logement ; ils passent en limite de propriété quand la liaison dépasserait 30 mètres.

De quoi se compose un tableau électrique

Un tableau résidentiel assemble une dizaine d’éléments. Les savoir lire suffit souvent à repérer ce qui manque à un tableau ancien.

Élément Rôle Repère
Disjoncteur de branchement (AGCP) Coupure générale, réglé à 15, 30, 45 ou 60 A en monophasé Enedis, NF C 14-100
Interrupteur différentiel 30 mA Protection des personnes contre les fuites à la terre Type AC, A ou F selon les circuits
Disjoncteur divisionnaire Protection d’un circuit contre la surcharge et le court-circuit Calibre selon la section du câble
Peigne d’alimentation Barre qui relie les appareils d’une même rangée —
Bornier de terre Reçoit les conducteurs de protection vert et jaune —
Rail DIN Support des modules NF EN 60715
Parafoudre Protection contre les surtensions de foudre Selon le cas, voir plus bas
Contacteur heures creuses Pilote le chauffe-eau sur les heures creuses Si le contrat le prévoit
Peigne d'alimentation posé sur les disjoncteurs divisionnaires d'un tableau électrique aux normes, sur rail DIN

Les différentiels ne sont pas interchangeables. Le type A protège les circuits de la plaque de cuisson et du lave-linge. Une borne de recharge en mode 3 demande un type B, ou un type A (ou F) associé à un DD-CDC. Le type AC suffit aux autres circuits. Depuis la série de 2024, le type F se place en tête des circuits qui alimentent un appareil à variateur de vitesse monophasé, comme une pompe à chaleur ou une pompe de piscine. Pour lire un différentiel et ses symboles, voyez le disjoncteur différentiel.

Le parafoudre n’est pas systématique. Il devient obligatoire si le bâtiment porte un paratonnerre, ou en zone AQ2, où l’on compte plus de 25 jours d’orage par an, quand l’alimentation arrive en ligne aérienne. En zone AQ2, il l’est aussi quand la sécurité des personnes dépend de l’installation, par exemple pour un équipement médical à domicile. Le détail se trouve dans le parafoudre obligatoire.

Ce que la NF C 15-100 impose au tableau

La norme ne choisit ni la marque ni le format du coffret. Un tableau électrique aux normes respecte des règles de fonctionnement, et ces règles tiennent en peu de lignes.

  • Au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA par logement, dont un de type A. L’éclairage et les prises se répartissent sous au moins deux différentiels : un défaut n’éteint pas toute la maison.
  • Huit circuits au plus sous un même interrupteur différentiel. Son calibre se vérifie par la règle de l’amont ou par la règle de l’aval, selon les circuits protégés.
  • Une réserve de 20 % d’emplacements libres dans le tableau d’un logement individuel, pour les ajouts à venir.
  • Une place dédiée : l’espace technique électrique du logement (ETEL) reçoit le disjoncteur d’abonné, le tableau et le coffret de communication. L’amendement A5 lui donne 600 mm de large sur 250 mm de profondeur, du sol au plafond. La gaine technique du logement en est la colonne.
  • Une hauteur accessible : manettes à 1,80 m au plus, à 0,50 m au moins dans un coffret à porte et à 0,90 m au moins sans porte. Dans un logement neuf soumis à l’accessibilité, les commandes se placent entre 0,90 m et 1,30 m du sol (arrêté du 24 décembre 2015). Les cas sont détaillés à la hauteur du tableau.
Règles d'un tableau électrique aux normes NF C 15-100 : deux différentiels 30 mA, huit circuits, réserve de 20 %, hauteurs

Reste la question de l’édition. La NF C 15-100 de 2002, modifiée par l’amendement A5 de juin 2015, a été remplacée par une série de 21 normes publiée en août 2024, qui sert de référence depuis le 1er septembre 2025. Promotelec en résume les évolutions de la série 2024. La partie qui vise les logements s’appelle NF C 15-100-10. Pour savoir laquelle s’applique, regardez la date du dépôt du permis de construire, à défaut celle de la déclaration préalable, puis celle du marché. Le Consuel applique la série de 2024 aux installations rénovées depuis septembre 2025 et aux installations neuves depuis avril 2026. Pour le reste de la norme, voyez le guide NF C 15-100.

Dimensionner le tableau : rangées et circuits

On dimensionne un tableau en comptant ses circuits, pas en mesurant la maison. La surface donne seulement un premier ordre de grandeur. Legrand propose un repère : deux rangées sous 35 m², trois rangées de 35 à 100 m², quatre au-delà. Une rangée compte le plus souvent 13 modules de 17,5 mm, certaines gammes en offrent 18.

Ma position est nette : un tableau se choisit sur sa réserve, pas sur sa marque. La norme n’impose aucun nombre de rangées ; elle impose la place libre. Un tableau plein le jour de la pose oblige à tout refaire pour la première borne de recharge.

Chaque circuit a son câble et son calibre, et le disjoncteur ne dépasse jamais ce que le câble supporte :

Circuit Section Disjoncteur Limite
Éclairage 1,5 mm² au moins 16 A au plus 8 points lumineux
Prises 1,5 mm² 16 A 8 prises
Prises 2,5 mm² 20 A 12 prises
Lave-linge, lave-vaisselle, four, chauffe-eau, congélateur, micro-ondes 2,5 mm² 20 A 1 appareil par circuit, au moins 3 circuits
Plaque de cuisson 6 mm² 32 A circuit dédié
Chauffage électrique 1,5 mm² / 2,5 mm² 16 A / 20 A 3 500 W / 4 500 W

Un circuit d’éclairage ne passe jamais en 20 A, même câblé en 2,5 mm². Si vous montez vous-même un tableau, la méthode pas à pas est décrite pour câbler un tableau. Un tableau secondaire, au garage ou à l’atelier, suit les mêmes règles : voyez le tableau de garage.

Le chauffage piloté demande une précaution de plus. Le fil pilote se coupe avec le circuit qu’il commande : par le disjoncteur de chaque circuit de chauffage, par un interrupteur général de chauffage, ou par un dispositif indépendant signalé par l’étiquette « Attention fil pilote à sectionner ».

Trois coffrets d'un tableau électrique aux normes, à une, deux et trois rangées, pour dimensionner selon les circuits

Tableau connecté : ce qu’il ajoute au tableau classique

Un tableau connecté garde toutes les protections d’un tableau classique. Il y ajoute des modules qui mesurent et commandent.

  • Une passerelle de communication relie l’installation à la box en Wi-Fi ; une seule suffit pour toute l’installation.
  • Un compteur d’énergie affiche la consommation en kilowattheures, parfois en euros, sur le téléphone.
  • Un contacteur connecté programme le chauffe-eau ou la recharge d’un véhicule sur les heures creuses.
  • Un délesteur connecté éteint progressivement les appareils les plus gourmands pour éviter de dépasser la puissance souscrite.

La mise en service se fait par l’application du fabricant, et l’électricien peut configurer les modules sur place, sans connexion. Le tableau connecté ne remplace aucun différentiel : il donne à voir ce que consomme chaque circuit. Je déconseille de l’acheter pour gagner en sécurité : il mesure, il ne protège pas davantage. Pour le reste de la maison, voyez la maison connectée.

Questions fréquentes sur le tableau électrique aux normes

Conclusion

Avant d’acheter un coffret, comptez vos circuits, ajoutez 20 % de réserve et vérifiez vos différentiels : deux au moins, dont un de type A. Un tableau électrique aux normes se reconnaît à ce qu’il coupe, pas à son âge.

📖 Ce guide est informatif Pour votre logement, consultez un électricien qualifié, par exemple une entreprise qualifiée Qualifelec : l’application de la norme dépend de chaque installation.

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Marc

Électricien depuis plus de 20 ans, installé en Bouches-du-Rhône. Ancien compagnon devenu artisan, Marc a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes des dizaines d’installations résidentielles. Il transmet ici son expérience terrain : normes NF C 15-100, gaines et conduits, tableaux et protections, branchements, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).

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