Mis à jour le 19 juin 2026
Documenter le passage des câbles et le calcul de remplissage dans un outil de conception électrique évite de refaire les vérifications à chaque intervention.
Michel rénovait son atelier en garage quand il est tombé sur cette question pourtant fondamentale : combien de fils peut-il passer dans une gaine ICTA (Isolant Cintrable Transversalement Annelé) de 20 mm ? Sa fiche technique fabricant restait silencieuse. Les forums donnaient des chiffres contradictoires. Et la NF C 15-100, qu’il pensait directrice, semblait elle aussi muette sur le sujet.
Cette confusion revient à chaque chantier de rénovation que j’ai mené depuis vingt ans. Le nombre de fils par gaine dépend d’une seule règle de calcul, la règle du tiers, et pourtant trois lecteurs sur quatre se trompent sur son statut réel. Ce guide la pose à plat avec les bons chiffres, les bons diamètres et les bonnes sources, pour que vous puissiez dimensionner vos passages sans surprise au moment du tirage.
📌 L’essentiel à retenir :
la règle du tiers consiste à ne jamais occuper plus d’un tiers de la section intérieure d’une gaine ICTA avec des fils conducteurs. Une ICTA de 16 mm accepte 3 fils en 1,5 mm² ou 2 fils en 2,5 mm². Une ICTA de 20 mm accepte 6 fils en 1,5 mm² ou 4 fils en 2,5 mm². C’est une règle de l’art recommandée par Promotelec et les fabricants, pas une obligation chiffrée de la NF C 15-100.
La règle du tiers : qu’est-ce que c’est et d’où vient-elle ?
La règle du tiers consiste à ne jamais occuper plus d’un tiers de la section intérieure d’une gaine électrique avec des fils conducteurs. Cette règle de l’art recommandée par Promotelec et les fabricants vise à faciliter le tirage des câbles, leur remplacement futur et leur dissipation thermique en charge.
Le principe est simple : si la section utile vaut un tiers de la section interne, les deux tiers restants servent de marge pour glisser l’aiguille, lubrifier le passage et permettre une intervention ultérieure sans tout déposer. En pratique, ce coefficient protège aussi contre l’échauffement. Un câble qui chauffe dans un conduit saturé voit sa température monter de plusieurs degrés et son isolant vieillit plus vite.
L’origine historique remonte au guide UTE C 15-520, ancien complément de la NF C 15-100 qui chiffrait précisément le nombre de fils admissibles par gaine. Ce guide a été retiré il y a plusieurs années. Depuis, aucun texte normatif officiel ne fixe de taux de remplissage maximal opposable. Promotelec parle d’une pratique « acquise en pratique » et Nexans d’une valeur « préconisée », ce qui place la règle dans le champ des recommandations métier, pas dans celui des obligations.
🔧 Conseil de chantier :
sur un pavillon que j’ai recâblé en 2019, trois circuits 2,5 mm² passaient dans une ICTA de 16 mm. Le taux de remplissage dépassait 60 %. Impossible de retirer un fil sans tout arracher. La règle du tiers n’est pas un confort esthétique. C’est la garantie que votre installation restera modifiable dans dix ou quinze ans.
Cadre normatif réel : NF EN 61386-22 et NF C 15-100
Beaucoup de lecteurs pensent que la règle du tiers est imposée par la NF C 15-100. Cette affirmation est fausse, et la confusion vient d’un mélange entre deux normes distinctes.
La NF EN 61386-22 est une norme produit. Elle fixe les exigences mécaniques, thermiques et électriques des conduits cintrables annelés ICTA. Diamètres extérieurs garantis, résistance à l’écrasement, comportement au feu, tenue à la chaleur : tout y est codifié pour le tube lui-même. La norme ne dit rien sur le nombre de fils que vous pouvez y faire passer.
La NF C 15-100 est une norme d’installation. Elle régit la mise en œuvre des conduits dans un logement : modes de pose autorisés, sections de câble par usage, calibres de protection associés, principe de tirage et de remplacement possibles. Sa nouvelle édition de 2024, publiée le 23 août 2024 et applicable au 1er septembre 2025, ne réintroduit pas non plus de taux de remplissage chiffré. Le site Schema-electrique.net, qui se présente comme conforme à cette nouvelle édition, le confirme : la norme « n’impose plus de directives particulières concernant le taux de remplissage des gaines et tubes » et se contente de rappeler le principe pratique du tiers quand le tirage se fait après pose.
La règle du tiers reste donc une règle de l’art, suivie par la profession parce qu’elle traduit dans le concret la double exigence de tirage possible et de dissipation thermique acceptable. Pour aller plus loin sur les caractéristiques techniques de la gaine ICTA ou pour comparer les types de gaines ICTA, TPC et IRL, deux articles complémentaires détaillent ces points spécifiques.
Calculer la capacité utile d’une gaine ICTA
Pour appliquer la règle du tiers, deux valeurs sont nécessaires : la section interne réelle de la gaine et la section conducteur occupée par chaque fil. Le nombre de conducteurs se compte circuit par circuit, en amont : un schéma multifilaire détaillé fait apparaître chaque fil tracé séparément. Le calcul tient en une formule simple :
Section utile (mm²) = π × (Ø intérieur / 2)² ÷ 3
Le diamètre intérieur est la valeur clef. Une ICTA annoncée « 20 mm » ne fait pas 20 mm de passage utile. Le 20 désigne le diamètre extérieur. Le diamètre intérieur minimum garanti par la NF EN 61386-22 vaut 14,1 mm pour cette référence. Une fois élevé au carré, multiplié par π/4 et divisé par 3, ce diamètre vous donne 52 mm² de section utile.

Le tableau suivant compile les valeurs normatives confirmées en juin 2026 sur les fiches techniques fabricant Legrand et H-Tube, alignées sur l’ICTA 3422 NF EN 61386-22.
Tableau 1 — Capacité utile des gaines ICTA selon le diamètre
| Ø extérieur | Ø intérieur mini | Section interne | Section utile 1/3 |
|---|---|---|---|
| 16 mm | 10,7 mm | ~90 mm² | ~30 mm² |
| 20 mm | 14,1 mm | ~156 mm² | ~52 mm² |
| 25 mm | 18,3 mm | ~263 mm² | ~88 mm² |
| 32 mm | 24,3 mm | ~464 mm² | ~155 mm² |
| 40 mm | 31,2 mm | ~765 mm² | ~255 mm² |
Source : fiches techniques fabricant Legrand ICTA 3422 et H-Tube NF EN 61386-2-2, juin 2026. Ces diamètres intérieurs minimums sont garantis par la norme produit, pas issus d’une norme AFNOR publique gratuite.
🔧 Conseil de chantier :
avant de calculer combien de fils passent dans votre gaine, vérifiez le diamètre intérieur réel sur la fiche technique du fabricant. Les ICTA premiers prix ont parfois 0,5 mm de moins que les valeurs standard. Sur un calcul à la limite du tiers, ce demi-millimètre fait basculer un fil de trop. J’ai vu cette différence créer trois reprises de chantier dans la même année.
Section occupée par les fils H07V-U les plus courants
Connaître la section utile de la gaine ne suffit pas. Il faut aussi connaître la section que chaque fil occupe, isolant compris. Les fils H07V-U (cuivre rigide isolé PVC) sont la référence en installation encastrée résidentielle.
Ce calcul de section est essentiel pour installer un va-et-vient sans forcer sur le taux de remplissage.
Les valeurs ci-dessous sont des repères pratiques fabricants utilisés dans la profession. Elles ne sont pas issues d’une norme AFNOR publique gratuite. Vérifiez les fiches techniques fabricants pour vos câbles réels, parce que l’épaisseur de l’isolant PVC peut varier de quelques dixièmes selon la gamme.
Tableau 2 — Section occupée par fil H07V-U selon section conducteur
| Section conducteur | Section occupée |
|---|---|
| 1,5 mm² | ~8,55 mm² |
| 2,5 mm² | ~11,9 mm² |
| 4 mm² | ~15,2 mm² |
| 6 mm² | ~22,9 mm² |
| 10 mm² | ~36,3 mm² |
Source : repères pratiques fabricants compilés par Promotelec, Nexans, Schneider et Courant, juin 2026. Ces sections incluent la gaine isolante PVC autour du conducteur cuivre.
La section 6 mm² mérite une attention spécifique. Plusieurs guides en ligne donnent encore la valeur de 25,5 mm², héritée d’une ancienne donnée erronée qui circule depuis dix ans. La valeur correcte fabricant pour un H07V-U 6 mm² standard est 22,9 mm², valeur retenue dans tous les calculs ci-dessous.
Combien de fils dans une ICTA de 16 mm ?
La ICTA de 16 mm est le diamètre le plus courant en éclairage et prises légères. Sa section utile vaut 30 mm², ce qui plafonne d’emblée le nombre de conducteurs admissibles.
Pour des fils 1,5 mm² (section occupée 8,55 mm² chacun) : 3 fils maximum. Le calcul donne 3 × 8,55 = 25,65 mm² occupés, soit 85 % de la section utile. Au-delà, vous dépassez le tiers. Cela laisse de quoi tirer phase, neutre et terre commune sur un circuit éclairage simple, mais pas un circuit complet 2 fils + terre + un retour navette pour va-et-vient.
Pour des fils 2,5 mm² (11,9 mm² chacun) : 2 fils maximum. Calcul : 2 × 11,9 = 23,8 mm² (79 % de la section utile). Pour une prise classique 2P+T (phase + neutre + terre), vous êtes au-dessus du tiers, donc à éviter sur une nouvelle installation. Une ICTA 16 mm ne convient pas pour un circuit prise 2,5 mm² complet.
Cas particulier de la terre commune : sur certaines installations anciennes, la terre était commune à plusieurs circuits. Cette pratique n’est plus admise depuis l’amendement A5 de la NF C 15-100, publié en juin 2015 (application 27 novembre 2015). Chaque circuit doit disposer de son propre conducteur de protection vert/jaune. La gaine 16 mm reste donc limitée à des cas très spécifiques.
Combien de fils dans une ICTA de 20 mm ?
La ICTA de 20 mm est la référence en câblage prises 16 A et en éclairage avec navettes. Sa section utile vaut 52 mm², ce qui ouvre nettement plus de combinaisons.
Un montage va-et-vient mobilise typiquement quatre fils tirés dans la même gaine : phase, retour lampe et deux navettes.
Pour des fils 1,5 mm² (8,55 mm²) : 6 fils maximum. Calcul : 6 × 8,55 = 51,3 mm² (98 % de la section utile). Cette configuration accueille un circuit éclairage complet avec deux va-et-vient (phase, neutre, terre, deux navettes, retour lampe), ou deux circuits éclairage indépendants partageant la même gaine.

Pour des fils 2,5 mm² (11,9 mm²) : 4 fils maximum. Calcul : 4 × 11,9 = 47,6 mm² (92 % de la section utile). Cela couvre un circuit prises complet (phase, neutre, terre) plus un fil de réserve, ou deux circuits prises partageant une descente entre deux niveaux d’une maison.
Pour des fils 4 mm² (15,2 mm²) : 3 fils maximum. Calcul : 3 × 15,2 = 45,6 mm² (88 % de la section utile). Cette section sert au câblage des plaques de cuisson 20 A en monophasé.
⚠️ Attention :
un câblage en 2,5 mm² avec 5 ou 6 fils dans une 20 mm est techniquement réalisable au tirage mais sort de la règle du tiers. L’installation chauffera plus en charge et le tirage suivant deviendra problématique. J’ai constaté ce dépassement sur plusieurs installations posées par des bricoleurs autonomes. Le diagnostic Consuel (organisme officiel de contrôle de conformité électrique) en cas de mise en service Enedis peut le relever.
Combien de fils dans une ICTA de 25 mm ?
La ICTA de 25 mm couvre les sections lourdes en monophasé et les regroupements de circuits sur descente verticale. Sa section utile vaut 88 mm².
Pour des fils 1,5 mm² : 10 fils maximum (10 × 8,55 = 85,5 mm², 97 % de la section utile). Cette capacité sert aux regroupements de plusieurs circuits éclairage en descente unique vers un étage.
Pour des fils 2,5 mm² : 7 fils maximum (7 × 11,9 = 83,3 mm², 95 % de la section utile). Configuration typique pour deux circuits prises indépendants partageant une gaine montante.
Pour des fils 4 mm² : 5 fils maximum (5 × 15,2 = 76 mm², 86 % de la section utile). Permet le câblage four 32 A monophasé avec un circuit complémentaire.
Pour des fils 6 mm² : 3 fils maximum (3 × 22,9 = 68,7 mm², 78 % de la section utile). Section retenue pour le circuit plaque de cuisson 32 A spécialisé.
Gaines TPC enterrées : différence avec ICTA
Les gaines TPC (Tube de Protection des Câbles) ne suivent pas la même logique de calcul que les ICTA. Elles servent à enterrer les câbles depuis le tableau jusqu’au coffret extérieur, vers un atelier détaché, un portail motorisé ou un éclairage de jardin. Leur diamètre extérieur est plus important pour résister à la pression du sol et la règle du tiers reste néanmoins applicable.
Pour une TPC de 40 mm (PAA fréquent côté lecteur), la section utile dépend du fabricant. Compter en moyenne 280 à 320 mm² selon les modèles homologués NF EN 50626-1:2023. Cette capacité accueille un câble R2V 3G2,5 ou un câble U-1000 R2V 5G6 pour un circuit triphasé d’atelier, avec une marge confortable.
Les détails de mise en œuvre des gaines TPC, les codes couleur, la profondeur d’enterrement et le grillage avertisseur sortent du cadre de cet article. Les spécificités des gaines TPC enterrées sont traitées dans un guide dédié.
⚠️ Attention :
ne JAMAIS utiliser une TPC rouge pour de la télécom ni une TPC verte pour le courant fort. La couleur n’est pas décorative. Elle est un code de sécurité que les techniciens qui interviendront dans vingt ans doivent pouvoir lire au premier coup d’œil pour ne pas confondre courant fort et courant faible. J’ai recâblé des dizaines d’installations où ce code n’avait pas été respecté.
Anecdote terrain : deux pièges du tirage en pratique
Deux pièges classiques reviennent sur les chantiers de rénovation, et tous deux trahissent une mauvaise compréhension de la règle du tiers.

Premier piège : la surcharge à l’aveugle. Sur un chantier à La Ciotat en 2018, j’ai dû reprendre le tirage d’une ICTA 16 mm où l’apprenti avait passé 5 fils 1,5 mm². Le calcul donne 5 × 8,55 = 42,75 mm², soit 47 % de la section interne et 142 % du tiers. Impossible de tirer le sixième fil de terre commun. Les premiers fils chauffaient sous charge dès que les deux circuits étaient sollicités simultanément. Le tableau a fini par déclencher en sécurité thermique avant tout disjoncteur, ce qui n’est pas un mode de protection prévu par la norme.
Second piège : la confusion diamètre extérieur / diamètre intérieur. En vingt ans, j’ai constaté que les électriciens débutants confondent souvent les deux. Une ICTA « 20 mm » fait 14,1 mm utiles, pas 20. La différence sur la section interne est massive : 156 mm² contre 314 mm² en théorie pour un tube de 20 mm plein. Sans cette lecture correcte, le calcul du tiers se trompe d’un facteur deux, et la gaine sort surdimensionnée ou sous-dimensionnée. Vérifiez toujours le couple Ø extérieur / Ø intérieur sur la fiche fabricant avant de poser.
Que dit la NF C 15-100 édition 2024 (applicable 01/09/2025) sur les gaines ?
La nouvelle édition de la NF C 15-100, publiée par l’AFNOR le 23 août 2024 et applicable au 1er septembre 2025, est désormais une série de 21 normes numérotées NF C 15-100-x-xxx. Cette restructuration remplace le document unique de 2002 et ses amendements successifs.
Sur la question du remplissage des gaines, la nouvelle édition ne change rien au statut de la règle du tiers. Aucun des 21 documents ne réintroduit de taux chiffré opposable. Les organismes de formation Socotec, Gesec et Promotelec, qui ont publié des synthèses détaillées des évolutions 2024, ne mentionnent aucune nouveauté sur ce point précis. Les changements portent ailleurs : GTL renforcée, intégration plus poussée des bornes IRVE, efficacité énergétique, parafoudres, gestion d’un éventuel point de production photovoltaïque.
Ce qui a évolué côté gaines concerne plutôt les conduits enterrés et la résistance à la flamme. La NF EN 50626-1:2023 est devenue la référence pour les conduits enterrés, en remplacement de la précédente NF EN 61386-24. Cette transition technique touche les TPC mais pas les ICTA d’installation encastrée. Pour le résidentiel intérieur, la NF EN 61386-22 reste la référence produit inchangée.
Pour aller plus loin sur le cadre normatif global, la NF C 15-100 édition 2024 fait l’objet d’un guide dédié, qui couvre l’ensemble des installations résidentielles obligatoires. Le calcul du nombre de fils par gaine s’articule avec le dimensionnement des protections, sujet du tableau électrique en aval.
📖 Ce guide est informatif.
Pour votre situation, consultez un électricien Qualifelec. Les règles présentées ici peuvent évoluer et leur application dépend de votre installation, de la longueur des circuits et du contexte de pose. Un dimensionnement à la limite du tiers ou un tirage en ICTA en attente nécessite l’avis d’un professionnel.
FAQ : nombre de fils dans une gaine
Combien de fils peut-on passer dans une gaine ICTA de 16 mm ?
Une ICTA de 16 mm accepte 3 fils 1,5 mm² ou 2 fils 2,5 mm². Le calcul applique la règle du tiers sur sa section utile de 30 mm², en divisant cette section par la section occupée d’un fil H07V-U (8,55 mm² en 1,5 mm² et 11,9 mm² en 2,5 mm²). Cette règle de l’art est recommandée par Promotelec, pas une obligation chiffrée de la NF C 15-100.
Combien de fils dans une gaine ICTA de 20 mm ?
Une ICTA de 20 mm accepte 6 fils 1,5 mm² ou 4 fils 2,5 mm². Sa section utile vaut 52 mm² après application de la règle du tiers sur les 156 mm² de section interne. Ce diamètre est la référence pour un câblage prise 16 A complet ou pour un circuit éclairage avec va-et-vient.
La règle du tiers est-elle obligatoire selon la NF C 15-100 ?
Non. La règle du tiers est une règle de l’art recommandée par Promotelec et les fabricants, pas une obligation chiffrée de la NF C 15-100. La norme impose des gaines conformes et la possibilité de remplacement des conducteurs, ce qui justifie en pratique la limitation à un tiers, sans la fixer dans un article opposable.
Combien de câbles dans une gaine TPC de 40 mm ?
Une TPC de 40 mm accueille un câble R2V 3G2,5 ou un câble multiconducteur jusqu’à 5G6, selon le fabricant. La section utile moyenne est de 280 à 320 mm² après application de la règle du tiers. Pour le détail des codes couleur et de l’enterrement, consultez le guide dédié aux gaines TPC.
Quelle gaine choisir pour 3 fils de 6 mm² ?
Trois fils 6 mm² occupent 3 × 22,9 = 68,7 mm². La gaine minimum est donc une ICTA 25 mm (section utile 88 mm²). En 20 mm, le tiers serait dépassé. Cette section sert au circuit plaque de cuisson 32 A spécialisé en monophasé.
Que dit la NF EN 61386-22 sur les gaines ICTA ?
La NF EN 61386-22 est la norme produit qui régit les conduits cintrables annelés ICTA. Elle fixe les exigences mécaniques, thermiques et électriques du tube (résistance à l’écrasement, comportement au feu, tenue à la chaleur). Elle ne fixe pas le nombre de fils admissibles, qui relève de la mise en œuvre et de la règle du tiers.
Comment passer plusieurs fils dans une gaine déjà en place ?
Tirez d’abord une aiguille à câble (ou tire-fil) dans la gaine vide. Lubrifiez l’aiguille avec un produit savonneux dédié, jamais avec de la graisse. Faites avancer les fils par paquets progressifs, en évitant les torsions. Au-delà de deux coudes à 90° ou de cinq mètres de gaine, prévoyez une boîte de tirage intermédiaire pour reprendre le tirage.
La règle du tiers est-elle modifiée par la NF C 15-100 édition 2024 ?
Non. La nouvelle édition de la NF C 15-100, publiée le 23 août 2024 et applicable au 1er septembre 2025, ne réintroduit pas de taux de remplissage chiffré opposable. La règle du tiers reste une recommandation Promotelec et fabricants, fondée sur les exigences de tirage possible et de dissipation thermique sans valeur numérique explicite dans le texte normatif.

Pour aller plus loin
La prochaine étape logique après le calcul du nombre de fils par gaine : dimensionner les sections de câble circuit par circuit, en intégrant la longueur réelle des trajets. Sur des circuits de plus de 20 mètres, le calcul de chute de tension entre en jeu (référence UTE C 15-105). Le choix des calibres de disjoncteur et la coordination avec le tableau électrique viennent ensuite, et l’ensemble doit rester cohérent avec la règle du tiers pour permettre une intervention dans dix ou quinze ans.
Avant de commander vos gaines, mesurez le linéaire réel avec 10 % de marge. Sur un chantier de 50 mètres déclarés, il m’est arrivé d’en tirer 58 à cause des contournements imprévus. Cette marge évite la coupure de gaine en cours de pose et l’achat complémentaire qui retarde tout le planning.
Électricien depuis plus de 20 ans, installé en Bouches-du-Rhône. Ancien compagnon devenu artisan, Marc a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes des dizaines d’installations résidentielles. Il transmet ici son expérience terrain : normes NF C 15-100, gaines et conduits, tableaux et protections, branchements, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).





