Mis à jour le 11 juillet 2026
Vous venez de démonter un ancien interrupteur va-et-vient dans un couloir. À l’intérieur des deux boîtes de dérivation, vous découvrez plusieurs fils de couleurs différentes, deux ou trois par borne, et rien qui ressemble aux tutos glanés sur YouTube. Le disjoncteur est coupé. La question qui reste : dans quel ordre relier tout ça sans se tromper de borne ni de couleur ?
En vingt ans de métier, j’ai vu passer des centaines de va-et-vient, des propres et des ratés. Le principe reste simple : deux interrupteurs qui commandent une même lampe depuis deux endroits différents. Le piège : la logique des navettes et le choix de la borne d’entrée. Ce guide vous montre comment faire un va et vient et le monter étape par étape, avec les repères que je donne aux apprentis.
📌L’essentiel à retenir :
un va-et-vient standard utilise deux interrupteurs à trois bornes (L + 1 + 2) reliés par deux fils navettes. La phase entre sur la borne L du premier interrupteur, le retour lampe sort de la borne L du second. Comptez trente minutes de câblage, après coupure au disjoncteur et vérification à la VAT (vérificateur d’absence de tension).
Qu’est-ce qu’un va-et-vient (et à quoi ça sert)
Un va-et-vient permet de commander un même point lumineux depuis deux endroits distincts. Vous trouvez ce montage dans les couloirs (interrupteur à chaque bout), les escaliers (en bas et à l’étage) ou les grandes pièces à double accès. Vous en trouvez aussi dans les chambres, avec un interrupteur près de la porte et un second en tête de lit.
Le mécanisme repose sur deux interrupteurs va-et-vient qui possèdent trois bornes chacun : une borne commune notée L, et deux bornes numérotées 1 et 2. Ce troisième contact fait toute la différence avec un interrupteur simple, qui n’en compte que deux.
La série NF C 15-100 2024 (en vigueur depuis le 1er septembre 2025 pour les installations neuves) encadre la mise en œuvre côté hauteur, section et protection. L’interrupteur va-et-vient se pose entre 0,9 m et 1,30 m du sol fini. Le circuit d’éclairage se dimensionne en 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 16 A maximum, 10 A conseillé en pratique. Ce circuit peut alimenter jusqu’à 8 points d’éclairage.
Je recommande un placement à 1,10 m, hauteur ergonomique confortable pour tous les usages du quotidien.
Comment fonctionne un circuit va-et-vient
Le circuit repose sur cinq fonctions. La phase arrive du tableau, le neutre repart vers la lampe. Deux fils navettes courent entre les interrupteurs, un retour lampe achemine la commande vers le luminaire. La terre protège les masses.
Le principe des navettes est le cœur du montage. La phase entre par la borne L du premier interrupteur et se dirige vers l’une des deux bornes numérotées selon la manette. Le second interrupteur, câblé à l’identique, choisit à son tour la navette qui achemine la phase jusqu’à la lampe. Chaque bascule inverse le chemin actif et change l’état de la lampe.
Le neutre et la terre ne passent jamais par les interrupteurs, ils partent directement du tableau au point lumineux. Dans les boîtes d’encastrement, seules la phase (ou le retour lampe) et les deux navettes sont présentes. Les symboles suivent la norme NF EN 60617-7 pour l’appareillage de commande.
Le rôle des fils navettes
Les deux navettes créent deux chemins parallèles entre les interrupteurs, dont un seul est actif à la fois. Chaque bascule inverse le chemin actif, donc l’état de la lampe.
Sur un chantier à Aix il y a deux ans, j’ai formé un apprenti CAP à ce montage. Le déclic pédagogique, c’était de lui faire dessiner sur papier les deux chemins possibles avant de toucher au moindre fil. Une fois cette visualisation acquise, il n’a plus jamais confondu bornes 1 et 2.
Le matériel et les outils pour brancher un va-et-vient
Prévoyez le matériel suivant :
- Deux interrupteurs va-et-vient (3 bornes L, 1, 2), 15 à 40 EUR selon la gamme (prix 2026)
- Fil H07V-U 1,5 mm² multicolore (phase, neutre, terre, navettes)
- Boîtes d’encastrement Ø 40 mm si vous partez d’un mur nu
- Un disjoncteur 16 A maximum (10 A conseillé) au tableau
Prévoyez ensuite l’outillage suivant :
- Tournevis plat 4 mm + cruciforme PZ1
- Pince à dénuder réglée sur 10-12 mm
- Pince coupante isolée 1000 V
- VAT ou multimètre en position tension alternative
- Scie cloche Ø 65 mm pour percer un mur si les boîtes n’existent pas
Voici les couleurs à respecter :
| Fonction | Couleur | Borne |
|---|---|---|
| Phase | Rouge, marron ou noir | L du premier interrupteur |
| Retour lampe | Couleur libre (souvent violet) | L du second interrupteur |
| Navettes (x2) | Orange (usage courant) | 1 et 2 des deux interrupteurs |
| Neutre | Bleu obligatoire | Direct au point lumineux |
| Terre (PE) | Vert-jaune obligatoire | Direct au point lumineux |
Pour la phase, les navettes et le retour lampe, toute couleur non réservée reste conforme.
💡Conseil de chantier :
achetez systématiquement un mètre ou deux de fil orange en plus des couleurs de base. C’est celle qui manque le plus souvent au dernier moment ; improviser une navette en rouge devient vite illisible dans une boîte à trois fils rouges.
Les 5 étapes pour brancher votre va-et-vient
1. Couper le courant (obligatoire pour votre sécurité)
Coupez le disjoncteur général au tableau, ou le disjoncteur divisionnaire du circuit éclairage si vous l’identifiez. En cas de doute, le disjoncteur général reste le choix le plus sûr.
Une fois le disjoncteur en position OFF, vérifiez l’absence de tension aux bornes des interrupteurs avec un VAT ou un multimètre (250 V alternatif). Un tournevis testeur seul ne suffit pas : il détecte la phase mais peut manquer un défaut de neutre.
⚠️Attention : ne considérez jamais un circuit comme hors tension tant que la vérification VAT n’est pas faite au point exact où vous allez intervenir. Un circuit peut être alimenté par une source secondaire (délestage, contacteur jour-nuit) que le disjoncteur général ne coupe pas toujours.
2. Préparer les boîtes d’encastrement et les fils
Si les boîtes existent, passez à l’étape suivante. Sinon, tracez l’axe à hauteur choisie (1,10 m recommandé), percez à la scie cloche Ø 65 mm et fixez les boîtes 40 mm au plâtre ou aux colliers.
Passez les fils dans la gaine ICTA qui relie les deux boîtes et le point lumineux. Respectez la règle du tiers : le nombre de fils doit être calculé pour que la somme des sections des conducteurs ne dépasse pas environ 33 % de la section intérieure, même si la norme actuelle ne l’impose plus comme valeur chiffrée. Dénudez chaque extrémité sur 10 à 12 mm : la butée intégrée aux bornes automatiques repose sur cette longueur.
3. Raccorder le premier interrupteur (arrivée phase)
Connectez le fil de phase (rouge ou marron) sur la borne L du premier interrupteur. Puis les deux fils navettes (orange en usage courant) sur les bornes 1 et 2. L’ordre entre 1 et 2 n’a pas d’importance : les navettes sont interchangeables.
Repliez les fils, positionnez le mécanisme et fixez-le avec les vis d’écartement. Ne serrez pas encore la plaque de finition.
4. Raccorder le second interrupteur (retour lampe)
Sur le second interrupteur, les deux navettes arrivent sur les bornes 1 et 2 sans souci d’ordre (borne 1 côté 1 ou croisées, cela reste fonctionnel).
Sur la borne L, connectez le fil de retour lampe (souvent violet) vers le luminaire. Le neutre bleu et la terre vert-jaune ne passent pas par cet interrupteur, ils vont directement au point lumineux.
5. Tester votre installation
Refermez temporairement les boîtes, remontez au tableau et réarmez le disjoncteur. Actionnez alternativement chaque interrupteur : la lampe doit s’allumer, s’éteindre, puis se rallumer. Ce cycle de bascule croisée signe un montage sain.
Si un interrupteur ne fait rien, coupez le disjoncteur et revérifiez les navettes : une borne 1 ou 2 doit être vide.
Récapitulatif visuel : schéma illustratif du montage
L’infographie ci-dessus reprend la phase, les navettes, le retour lampe, le neutre et la terre avec les symboles normalisés.
Les 3 erreurs les plus fréquentes que je vois sur les chantiers
En vingt ans de câblage résidentiel, j’ai relevé trois erreurs récurrentes chez les particuliers qui cherchent comment faire un va et vient sans se tromper. Deux relèvent du câblage, une des couleurs. Toutes se corrigent vite une fois repérées.
Erreur 1 : confusion phase / retour lampe sur la borne L
L’année dernière, je suis intervenu chez un client à La Ciotat qui avait installé un va-et-vient lui-même. Le montage fonctionnait, mais avec un défaut visible : quand l’un des deux interrupteurs était en position OFF, la lampe restait allumée en veille très faible, perceptible seulement dans le noir.
Après vérification, il avait câblé le neutre à la place de la phase sur la borne L du premier interrupteur. Résultat : la lampe se retrouvait coupée par le neutre au lieu de l’être par la phase. Ce montage reste dangereux : il ne se détecte qu’à la veille visible. En vingt ans, c’est l’erreur numéro un que j’ai vue chez les particuliers, plus fréquente encore que les navettes mal câblées.
Erreur 2 : oublier de connecter les deux navettes
L’oubli d’une navette laisse une des deux bornes 1 ou 2 vide, et l’un des interrupteurs ne fait plus rien. Ce défaut apparaît souvent en fin de journée, quand la fatigue pousse à finaliser sans revérifier. Un test complet (bascule dans les deux sens) le détecte en trente secondes.
Erreur 3 : utiliser une couleur identique à la phase pour les navettes
Un client d’Aix a mis deux heures à comprendre son propre câblage, un an après l’avoir posé, parce qu’il avait tiré trois fils rouges dans la même boîte : phase et deux navettes. Le tout devenait impossible à démêler sans schéma. Réservez le rouge et le marron à la phase, l’orange ou le violet aux navettes. Cette discipline paie à la première panne ou au premier ajout de circuit. La fiche Legrand détaille comment câbler un va-et-vient et ses schémas des bornes.
Quand faut-il passer au télérupteur (au lieu du va-et-vient)
Le va-et-vient reste imbattable pour deux points de commande. Au-delà (grande pièce à triple accès, escalier avec palier), il faut ajouter un permutateur entre les deux va-et-vient. Ce permutateur, à quatre bornes, croise les navettes ; le câblage s’alourdit et le diagnostic se complique.
À partir de trois points, je recommande de passer au télérupteur pour 3 points. Ce mécanisme bistable, commandé par des boutons-poussoirs impulsionnels, autorise un nombre élevé de points de commande avec un seul fil par bouton. Le câblage devient plus simple, la maintenance plus lisible, l’ajout d’un point ne demande qu’un fil de bouton.
| Nombre de points | Solution recommandée |
|---|---|
| 1 | Interrupteur simple |
| 2 | Va-et-vient (2 x 3 bornes) |
| 3 | Va-et-vient + permutateur, ou télérupteur |
| 4 et plus | Télérupteur (fortement recommandé) |
FAQ — comment faire un va et vient : vos questions
Comment faire un va-et-vient avec 2 interrupteurs ?
Coupez le courant et posez deux interrupteurs va-et-vient à trois bornes. Connectez la phase sur la borne L du premier, les deux navettes sur les bornes 1 et 2 des deux interrupteurs, et le retour lampe sur la borne L du second. Le neutre et la terre partent directement du tableau vers la lampe.
Comment faire un va-et-vient avec 3 interrupteurs ?
Ce n’est plus un va-et-vient standard mais un montage avec permutateur. Le permutateur, à quatre bornes, s’intercale entre les deux va-et-vient et croise les navettes. Pour trois points ou plus, le télérupteur reste souvent plus simple à câbler.
Comment fonctionne un va-et-vient ?
Deux fils navettes créent deux chemins alternatifs pour la phase entre les deux interrupteurs. Chaque bascule sélectionne le chemin actif, ce qui inverse l’état de la lampe. Peu importe l’état de départ des deux interrupteurs, chaque bascule change la sortie sans avoir à toucher au tableau électrique.
Quelle est la différence entre un interrupteur simple et un va-et-vient ?
L’interrupteur simple possède deux bornes (phase et retour lampe) et commande un point depuis un seul endroit. Le va-et-vient possède trois bornes (L + 1 + 2) et permet la commande depuis deux endroits. Un va-et-vient peut fonctionner en simple allumage en n’utilisant qu’une des bornes numérotées ; l’inverse n’est pas possible.
Peut-on faire un va-et-vient sans navettes ?
Non. Les deux navettes sont l’essence du montage. Sans elles, vous obtenez deux interrupteurs simples indépendants. Une alternative existe : les va-et-vient sans fil (radiofréquence, gamme Yokis ou Céliane radio) qui remplacent la navette physique par une liaison radio.
Faut-il un électricien pour brancher un va-et-vient ?
Pour un remplacement d’interrupteur existant, sans modification du tableau, l’intervention reste accessible à un bricoleur averti, à condition de couper le courant et de vérifier avec un VAT. Toute modification du tableau ou création de circuit relève du professionnel. En cas de doute sur le câblage existant ou la conformité, faites intervenir un électricien Qualifelec.
Quelle hauteur pour un interrupteur va-et-vient ?
Entre 0,9 m et 1,30 m du sol fini, selon la série NF C 15-100 2024. La hauteur ergonomique la plus utilisée reste 1,10 m. Positionnez l’interrupteur côté opposé aux charnières de porte, à portée immédiate en entrant dans la pièce. En logement adapté PMR, la fourchette autorisée par l’arrêté accessibilité s’étend de 0,4 m à 1,30 m.
⚠️Ce guide est informatif. Pour votre situation, si vous devez modifier votre tableau électrique ou raccorder un nouveau circuit, consultez un électricien Qualifelec. Les règles présentées ici peuvent évoluer et leur application dépend de votre installation.
Savoir comment faire un va et vient bien câblé tient dans deux règles simples : la phase entre par la borne L du premier interrupteur, le retour lampe sort par la borne L du second. Tout le reste (choix des couleurs, ordre des navettes, hauteur de pose) découle de ces deux repères. Testez les deux interrupteurs dans les deux sens avant de refermer. Si vous préparez un troisième point de commande dans la même pièce, dimensionnez votre circuit dès maintenant pour un télérupteur : vous éviterez un retour au chantier dans six mois.
Électricien depuis plus de 20 ans, installé en Bouches-du-Rhône. Ancien compagnon devenu artisan, Marc a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes des dizaines d’installations résidentielles. Il transmet ici son expérience terrain : normes NF C 15-100, gaines et conduits, tableaux et protections, branchements, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).




