Sous-compteur électrique : les 4 usages en habitation (suivi, location, colocation, copropriété)

Sous-compteur électrique : rôle, choix et installation en 2026

Mis à jour le 14 juillet 2026

Sophie a ouvert son tableau électrique un dimanche matin, un devis de chauffagiste à la main. Sa nouvelle pompe à chaleur allait tourner tout l’hiver, et sans sous-compteur électrique dédié, impossible de savoir ce qu’elle allait vraiment coûter. Un propriétaire de Salon-de-Provence m’a posé la même question un mois plus tôt, formulée autrement : « Comment refacturer mon locataire à l’euro près ? » La réponse tient dans un petit boîtier modulaire qui se glisse sur le rail DIN du tableau.

📌L’essentiel à retenir :
Un sous-compteur électrique mesure la consommation d’un circuit précis en aval du compteur Linky. Pour un suivi personnel (ballon, PAC, borne IRVE), un modèle modulaire non certifié suffit dès 20-60 €. Pour refacturer un locataire ou un copropriétaire, la certification MID (directive 2014/32/UE) devient nécessaire et fait grimper le matériel à 60-150 € en triphasé standard, plus 100-200 € de pose.

Sous-compteur électrique : définition et cas d’usage

Le sous-compteur électrique, aussi appelé compteur divisionnaire ou défalcateur, est un dispositif de mesure installé en aval du compteur principal Enedis. Il compte les kilowattheures qui passent dans un circuit ou une portion d’installation, sans intervenir sur la fourniture réseau. Le compteur principal continue de mesurer l’ensemble du logement pour la facturation Enedis, tandis que le sous-compteur isole ce que consomme une zone ou un appareil précis.

La plupart des modèles résidentiels tiennent sur un ou deux modules 17,5 mm, se posent sur rail DIN et s’affichent en LCD. Trois grandeurs les distinguent : le calibre (40 A, 63 A ou 80 A en direct), la tension nominale (230 V en monophasé, 400 V en triphasé), et la présence ou non d’une certification MID (marquage CE + M en face avant). À ne pas confondre avec un wattmètre prise, limité à un appareil ponctuel : le sous-compteur, raccordé en dur dans le tableau, suit un circuit entier.

Quatre familles d’usages justifient la pose.

Le suivi personnel de consommation. Vous voulez savoir ce que coûte votre chauffe-eau, votre PAC, votre borne IRVE ou vos panneaux photovoltaïques en autoconsommation. Vous relevez l’index chaque mois, multipliez par le prix du kWh de votre contrat, et vous obtenez la dépense réelle : première étape pour réduire durablement votre facture. Aucun tiers n’est facturé : un modèle non certifié MID entre 20 et 60 € suffit.

La refacturation d’un locataire. Le sous-compteur électrique pour location s’impose dans plusieurs configurations : studio T1 en dépendance, chambre de bonne, logement dans un ensemble plus vaste sans compteur individuel Enedis distinct. Le locataire ne peut pas ouvrir son propre contrat, le bailleur paie l’électricité globale et refacture. Ce cas reste exceptionnel en droit commun : l’administration privilégie le contrat direct locataire-fournisseur, mais il est admis quand la configuration technique l’impose, en complément d’un diagnostic électrique en location déjà obligatoire.

Le partage des charges en colocation. Un sous-compteur par chambre permet de répartir au réel plutôt qu’à la quote-part forfaitaire, quand un seul compteur alimente tout le logement.

La copropriété et l’individualisation. Attention : la loi ELAN 2018 impose l’individualisation du chauffage et du refroidissement collectifs, pas de l’électricité privative. Pour l’électricité, la répartition via sous-compteurs relève d’une décision d’assemblée générale.

Comment choisir et installer votre sous-compteur

Monophasé ou triphasé. Le critère se lit sur votre abonnement Enedis. Compteur Linky en 230 V une phase, prenez un monophasé. En triphasé (400 V, trois phases + neutre), un triphasé est nécessaire pour mesurer les trois phases séparément. Un sous-compteur triphasé s’installe uniquement si votre abonnement est en triphasé ; si vous envisagez au contraire de passer du triphasé au monophasé, tranchez d’abord ce point.

Branchement direct ou avec transformateur d’intensité. Les modèles directs mesurent l’intensité jusqu’à 63 A ou 80 A en monophasé résidentiel. Au-delà, on utilise un transformateur d’intensité (tore) qui entoure le câble. En résidentiel classique, le direct suffit dans la grande majorité des cas.

Certification MID ou non. MID obligatoire pour toute refacturation à un tiers, MID facultative pour un suivi personnel. La certification est encadrée par la directive européenne 2014/32/UE et transposée en France par l’arrêté du 1er août 2013 relatif aux compteurs d’énergie électrique active. Un arrêté du 9 juin 2016 précise les exigences de précision : le niveau requis pour une refacturation locative correspond à un usage commercial léger, plus strict que le simple suivi personnel résidentiel.

Arbre de décision : ai-je besoin d'un sous-compteur MID selon mon usage résidentiel, locatif ou en copropriété

Modèles connectés ou classiques. Certains sous-compteurs remontent leur index en Wi-Fi ou Zigbee vers une application, avec un surcoût de 50 à 100 € par rapport à un LCD standard équivalent. Le compteur Linky, lui, n’agit pas comme un sous-compteur : il enregistre la consommation globale et ne détaille pas la consommation par appareil, comme le rappelle Enedis.

Installer votre sous-compteur pas à pas. L’installation d’un modèle modulaire suit une séquence courte. Le sous-compteur occupe un ou deux modules DIN, en aval du disjoncteur qui protège le circuit à mesurer, à la hauteur du tableau divisionnaire réglementaire. Ce disjoncteur amont se calibre selon la puissance : 20 A pour un ballon standard, 32 A pour une plaque de cuisson, 32 A pour une borne IRVE 7,4 kW monophasée. Coupez le disjoncteur général et vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension). Raccordez ensuite : bornes d’entrée côté disjoncteur, bornes de sortie côté circuit. En triphasé, chaque phase se raccorde sur sa borne dédiée. Refermez, remettez sous tension, notez l’index de départ.

⚠️Attention :
Toute intervention dans un tableau électrique impose la coupure préalable du disjoncteur général en amont, côté Enedis. La vérification par VAT (ou à défaut multimètre en mode voltmètre AC) est impérative avant manipulation. Sans cette précaution, le risque d’électrisation est réel, même sur un modulaire de faible puissance.

Les 5 étapes de pose d'un sous-compteur électrique dans un tableau divisionnaire résidentiel

💡Conseil de chantier :
Sur un chantier près d’Aix, j’ai vu un particulier poser un sous-compteur avant le disjoncteur de branche au lieu d’après. Résultat : aucune protection différentielle en amont, un défaut de terre l’aurait mis en danger. Le sous-compteur se pose toujours après le disjoncteur qui protège le circuit, jamais avant.

Pour un modèle monophasé direct en suivi personnel, un bricoleur expérimenté peut s’en charger, à condition d’avoir déjà câblé un modulaire. Pour un triphasé, un branchement par tore ou une pose destinée à la refacturation, je recommande de passer par un électricien qualifié.

Coût, prix et modèles courants

Trois postes composent le budget total.

Le matériel. Comptez 20 à 60 € TTC pour un monophasé simple non certifié, en gamme grand public (Leroy Merlin, ManoMano). La certification MID monophasée fait monter la fourchette à 40-150 € TTC. Un triphasé MID standard pour tableau modulaire se trouve entre 60 et 150 € TTC. Les modèles avancés dédiés IRVE ou communication supervisée dépassent 350 €, hors sujet du sous-comptage résidentiel classique.

La pose par un électricien. Raccordement monophasé simple sur tableau accessible : 100 à 200 € TTC de main-d’œuvre. Intervention avec équilibrage triphasé ou reprise de câblage : 150-300 € TTC. Total matériel + pose d’un monophasé standard : autour de 150-300 € TTC.

Les marques repères. Trois fabricants équipent la majorité des tableaux résidentiels français. Legrand propose la gamme EMDX³ MID, Schneider Electric la gamme Acti 9 iEM, et Hager sa gamme de compteurs modulaires rail DIN certifiés MID. Leurs fiches techniques publiques sont fiables.

Refacturation locataire : ce que dit la loi

La refacturation d’électricité entre un bailleur et son locataire est encadrée, même avec un sous-compteur en place. Trois textes structurent le cadre. Cette règle s’applique aussi au cas particulier d’1 compteur pour 2 logements avec deux baux distincts.

L’article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 pose une règle simple : quand le bailleur avance une charge récupérable, il refacture au coût réel TTC acquitté, sans marge. Le montant remis au locataire équivaut au produit index consommé × prix du kWh du contrat de fourniture.

Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixe la liste des charges récupérables. Il ne mentionne pas explicitement les sous-compteurs et ne les impose pas comme condition. Toute charge récupérable doit toutefois être justifiée annuellement au locataire : factures du fournisseur et relevés du sous-compteur restent tenus à disposition.

La directive européenne 2014/32/UE (MID) impose que tout instrument de mesure servant à une transaction commerciale soit certifié. La refacturation d’un locataire entre dans ce champ : le sous-compteur doit être conforme aux exigences MID pour usage commercial léger, définies par l’arrêté du 9 juin 2016.

Infographie des 3 conditions légales pour refacturer l'électricité d'un locataire via sous-compteur : bail, MID, coût réel

⚠️Attention :
Ce guide reste informatif. Pour votre situation locative précise (bail meublé, colocation, copropriété), consultez un professionnel du droit ou un conseiller ANIL. Les règles présentées ici peuvent évoluer et leur application dépend de la configuration exacte de votre bien.

En copropriété, la répartition de l’électricité privative via sous-compteurs relève d’une décision d’assemblée générale, pas d’une obligation légale : la loi ELAN 2018 vise le chauffage et le refroidissement collectifs, pas l’électricité privative.

FAQ

Comment fonctionne un sous compteur électrique ?

Le sous-compteur mesure l’énergie qui traverse ses bornes et l’affiche en kilowattheures. Il se branche en aval du compteur principal Linky, dans le tableau électrique sur rail DIN. Chaque kWh consommé par le circuit surveillé fait avancer son index. Le relevé se fait manuellement, ou automatiquement pour les modèles connectés en Wi-Fi ou Zigbee.

Comment installer un sous-compteur électrique soi-même ?

Coupez le disjoncteur général et vérifiez l’absence de tension avec un VAT. Raccordez ensuite le sous-compteur entre le disjoncteur amont et le circuit à mesurer : bornes d’entrée côté disjoncteur, bornes de sortie côté circuit. Refermez, remettez sous tension et testez avec un appareil connu. Pour du monophasé direct simple, un bricoleur expérimenté peut le faire ; pour du triphasé ou de la refacturation, faites appel à un électricien.

Où placer un sous-compteur électrique dans le tableau ?

Sur le rail DIN du tableau divisionnaire, après le disjoncteur qui protège le circuit à mesurer et avant les prises en aval, dans la gaine technique du logement si votre installation la comporte. Il occupe un ou deux modules 17,5 mm. Dans un tableau saturé, il faudra ajouter une rangée ou déplacer des modules. L’organisation générale suit les règles de la conception du tableau électrique.

Quel sous compteur électrique choisir pour un locataire ?

Un modèle certifié MID pour usage commercial léger, monophasé si l’installation est monophasée, triphasé sinon. La MID donne valeur juridique au décompte remis au locataire, condition indispensable pour éviter les contestations. Comptez 40 à 150 € pour un monophasé MID, 60 à 150 € pour un triphasé MID. Marques fiables distribuées chez grossistes et bricolage : Legrand, Schneider, Hager.

Un sous-compteur MID est-il obligatoire pour refacturer un locataire ?

Oui, quand le sous-compteur sert de base à une facturation. La directive européenne 2014/32/UE impose la certification MID pour tout instrument utilisé dans une transaction commerciale ; l’arrêté du 9 juin 2016 fixe le niveau de précision minimum requis pour l’usage commercial léger. Un sous-compteur non-MID reste toléré pour votre suivi personnel, mais sans valeur opposable en cas de litige.

Quel est le prix d’un sous compteur électrique en 2026 ?

En 2026, comptez 20-60 € pour un monophasé simple, 40-150 € pour un mono MID, 60-150 € pour un tri MID. La pose par un électricien ajoute 100-200 € en cas simple, jusqu’à 300 € pour un triphasé complexe. Total matériel + pose d’un monophasé standard : autour de 150-300 € TTC.

Peut-on installer un sous-compteur triphasé sur une installation monophasée ?

Non. Un sous-compteur triphasé exige trois phases en entrée. Sur une installation monophasée, deux entrées resteront non alimentées et le compteur ne fonctionnera pas correctement. Le choix mono ou tri dépend uniquement de votre abonnement Enedis. Vérifiez sur votre facture ou sur l’écran Linky avant de commander.

Le compteur Linky peut-il servir de sous-compteur ?

Non. Le Linky est le compteur principal Enedis, installé au point de livraison. Il mesure la consommation globale du logement sans détailler la conso par appareil, selon Enedis. Pour isoler la consommation d’un circuit particulier (ballon, PAC, borne IRVE), un sous-compteur dédié installé en aval reste indispensable.

En pratique, la prochaine étape

Avant de commander, tranchez sur la MID : simple suivi personnel ou refacturation à un tiers ? Cette décision détermine tout le reste, du prix au niveau d’exigence sur la pose. Pour de la refacturation locative, vérifiez la place disponible dans votre tableau et le calibre du disjoncteur amont ; un rapide passage par la protection différentielle en tête évite les mauvaises surprises. Le raccordement tient en une demi-heure pour un modèle direct monophasé, à condition de couper au général et vérifier l’absence de tension avant ouverture.

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Marc

Électricien depuis plus de 20 ans, installé en Bouches-du-Rhône. Ancien compagnon devenu artisan, Marc a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes des dizaines d’installations résidentielles. Il transmet ici son expérience terrain : normes NF C 15-100, gaines et conduits, tableaux et protections, branchements, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).

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