Une main branche une prise électrique blanche dans une prise murale sur un fond clair et lumineux.

Volt, ampère, watt : comprendre la tension, l’intensité et la puissance électriques

Mis à jour le 29/10/2026

Vous hésitez à brancher un appareil de plus sur une multiprise déjà bien garnie. Volt, ampère, watt : le volt mesure la tension qui pousse le courant, l’ampère l’intensité qui circule dans le câble, le watt la puissance que l’appareil absorbe. La formule P = U × I relie les trois : à partir des étiquettes, elle vous aide à savoir si ce branchement de plus reste dans ce que la multiprise accepte.

📌 L’essentiel à retenir : la tension U se mesure en volts (V), l’intensité I en ampères (A), la puissance P en watts (W). Les trois sont liées par P = U × I : un radiateur de 2 000 W branché sur 230 V appelle environ 8,7 A.

Volt, ampère, watt : trois grandeurs à ne pas confondre

Prenons un radiateur de 2 000 W branché sur une prise de 230 V : il servira de fil rouge à tout ce guide.

Ses trois chiffres ne disent pas la même chose, et le disjoncteur le rappelle : il ne lit ni les volts ni les watts, seulement les ampères.

Ne confondez pas U, I et P, qui désignent les grandeurs, avec V, A et W, qui en sont les unités. Le tableau les range côte à côte, avec l’endroit où vous les trouvez à la maison.

GrandeurTensionIntensitéPuissance
SymboleUIP
Unitévolt (V)ampère (A)watt (W)
Appareil de mesurevoltmètrepince ampèremétriquewattmètre
Repère à la maison230 V entre phase et neutre, sur une prisecalibre du disjoncteur, par exemple 16 Apuissance inscrite sur l’étiquette, par exemple 2 000 W

Je conseille de lire les choses dans l’ordre de leur rôle. La tension passe en premier, parce qu’un appareil attend celle qu’indique son étiquette.

Si l’appareil demande 12 V continu, il faut 12 V continu. Vient ensuite la puissance, dont on tire l’intensité en la divisant par la tension : 2 000 ÷ 230 donne 8,7 A pour notre radiateur.

Le disjoncteur me donne la limite du circuit. Notre radiateur lui demande 8,7 A : un circuit protégé en 16 A le supporte avec de la marge.

L’image de l’eau aide à fixer les idées : la tension joue la pression dans le tuyau, l’intensité le débit, et la puissance le travail que ce débit fournit.

Une prise sans rien de branché est sous tension, mais aucun courant ne circule. L’image cède pourtant dès qu’on parle de circuit fermé, et plus encore en triphasé.

La tension électrique : ce que mesure le volt

Une différence de potentiel entre deux points

Une tension est un écart entre deux points : une différence de potentiel, qui pousse les charges de l’un vers l’autre dès qu’un chemin les relie. Elle se note U et se mesure en volts.

Le Bureau international des poids et mesures définit le volt comme le quotient d’un watt par un ampère : 1 V = 1 W/A.

La définition adoptée en 1946 par le Comité international des poids et mesures part d’un objet concret : un volt est la différence de potentiel entre deux points d’un fil parcouru par un courant constant de 1 A, quand la puissance dissipée entre ces points vaut 1 W.

La force électromotrice est une notion voisine. La Commission électrotechnique internationale (CEI) lui préfère aujourd’hui le terme de « tension de source » : la tension aux bornes d’une source quand aucun courant ne la traverse. La tension lue aux bornes pendant que la source débite n’est donc pas forcément la même.

Sur une prise française, la phase et le neutre arrivent dans les deux trous ronds, et la terre passe par la broche métallique qui dépasse du socle. La tension se lit entre la phase et le neutre : 230 V.

Prise française de type E vue de face : broche de terre en haut, phase et neutre dans les trous ronds, 230 V entre eux

Beaucoup imaginent que la prise contient du courant en réserve, comme un réservoir prêt à se vider. Elle ne tient qu’un écart de potentiel entre ses deux bornes. Le courant n’existe qu’au moment où quelque chose relie ces bornes.

Un tuyau percé laisse fuir l’eau par terre. Un fil coupé, lui, ne laisse rien « couler » : le courant s’arrête net. Il ne circule que s’il a un aller et un retour. Le jour où ce retour passe par une personne, c’est un accident.

La croyance la plus dangereuse concerne le neutre, vu comme le fil inoffensif. Il est proche du potentiel de la terre tant que tout va bien. Traitez pourtant le neutre avec la même prudence que la phase.

Quant à la terre, on croit souvent qu’elle fait partie du trajet normal du courant. Elle ne sert qu’en cas de défaut, pour évacuer une fuite et faire déclencher le différentiel.

Le différentiel est l’appareil du tableau qui coupe le circuit quand le courant qui s’échappe ailleurs que par le neutre dépasse son seuil de sensibilité.

Les tensions que vous croisez, de la pile à la ligne haute tension

Une pile de télécommande délivre 1,5 V, la prise de votre salon 230 V, et les lignes qui traversent la campagne jusqu’à 400 000 V. Le tableau donne les valeurs que vous croisez, de la pile au pylône.

Le Code du travail (article R4226-2) range ces valeurs en quatre domaines, en courant alternatif :

  • la très basse tension (TBT) jusqu’à 50 V ;
  • la basse tension (BT) jusqu’à 1 000 V ;
  • la haute tension A (HTA) jusqu’à 50 000 V ;
  • la haute tension B (HTB) au-delà.

En courant continu lisse, les seuils montent à 120 V, 1 500 V et 75 000 V. La très basse tension de sécurité (TBTS) forme une famille à part au sein de la TBT : un transformateur de sécurité la sépare électriquement du réseau.

ExempleTensionDomaine de tension
Pile de télécommande1,5 V continuTBT
Batterie de voiture12 V continuTBT
Circuit en TBTS50 V au plus en alternatifTBT
Prise de courant230 V entre phase et neutreBT
Raccordement triphasé400 V entre deux phasesBT
Caténaire des lignes ferroviaires à grande vitesse25 000 V alternatifHTA
Réseau de distribution de quartier20 000 VHTA
Lignes du Réseau de transport d’électricité (RTE)63 000, 90 000, 225 000 ou 400 000 VHTB

Le « 220 V » reste dans les conversations, alors que la tension nominale du réseau est aujourd’hui de 230 V.

Au début des années 1960, un rapport du Sénat décrivait encore une distribution largement en 127 V entre phase et neutre, que les distributeurs portaient à 220 V.

Le triphasé achève de dérouter l’image de l’eau. Avec de l’eau, deux arrivées à la même pression ne donnent pas une pression double.

En triphasé, chaque phase est à 230 V par rapport au neutre, mais entre deux phases on mesure 400 V. Ce n’est ni 230 ni 460, parce que les phases sont décalées dans le temps. Aucune image de tuyau ne rend ça.

Schéma du triphasé : 230 V entre chaque phase et le neutre, 400 V entre deux phases décalées dans le temps

Une petite tension n’est pas forcément sans risque. La batterie de voiture surprend toujours. Ses 12 V continus relèvent de la très basse tension. Une bague ou une montre qui touche ses deux bornes peut pourtant fondre et provoquer de graves brûlures, prévient un fabricant.

À l’autre bout de l’échelle, le danger change de nature.

Pour une ligne haute tension au fond d’un jardin, les gens pensent qu’il faut la toucher pour risquer quelque chose. Or l’arc peut se former à distance. Pour les travaux, la réglementation fixe une distance minimale de 3 mètres aux lignes jusqu’à 50 000 V, et de 5 mètres au-delà.

Mesurer une tension sans se mettre en danger

Un voltmètre, ou un multimètre réglé sur la tension, se branche en parallèle : ses deux pointes touchent les deux points dont on veut lire l’écart, ici la phase et le neutre.

Multimètre réglé sur V~ affichant 231 V, une pointe dans chaque trou d’une prise : la tension se mesure en parallèle

Sur le secteur, réglez-le sur la tension alternative, marquée V avec un tilde. Sur un appareil à calibres manuels, commencez par le calibre le plus haut, puis descendez.

Près des bornes du multimètre figure sa catégorie de mesure (CAT), qui indique les surtensions qu’il peut encaisser : le tableau relève de la catégorie CAT III, la prise de la catégorie CAT II.

Au tableau, laissez la mesure à un électricien, même avec un multimètre de catégorie CAT III. Tenez les pointes par leur manchon isolé et ne touchez jamais une borne, un fil dénudé ou le bout d’une pointe relié au circuit.

Quant à la tension mesurée, je ne m’attends jamais à lire 230 V pile. La tension baisse le long de la ligne, d’autant plus que le câble est long et chargé.

Tout ce qui reste entre 207 et 253 V est dans la tolérance. Le chiffre me renseigne surtout sur la position de la maison sur la ligne.

Quand un particulier mesure sa prise et lit 236 ou 240 V, il s’inquiète, alors que c’est parfaitement normal. À l’inverse, il ne s’alarme pas toujours d’une tension qui chute de 30 V chaque fois que le chauffage démarre, alors que c’est ce qui mériterait une vérification.

Une tension peut aussi s’afficher sur un fil débranché ou sur un circuit coupé au tableau. Elle peut venir d’un couplage avec un conducteur voisin resté sous tension : on parle de tension fantôme.

Elle est réelle, mais elle ne peut pas fournir de courant à une ampoule. Un multimètre numérique, dont la résistance d’entrée dépasse en général un million d’ohms, l’affiche quand même.

Vérifiez alors avec un appareil à basse impédance, c’est-à-dire dont la résistance interne est faible : si la tension disparaît, elle était induite. Si elle reste, il y a un vrai retour de tension à trouver avant de toucher quoi que ce soit.

Mesurer entre la phase et la terre donne en principe à peu près la même valeur qu’entre la phase et le neutre. Une valeur nettement différente, ou une tension franche entre le neutre et la terre, signale un défaut : stop, appelez un électricien.

Une mesure ne vaut pas vérification d’absence de tension. Avant de toucher un circuit coupé, les professionnels emploient un vérificateur d’absence de tension (VAT), un appareil spécialement conçu pour cette vérification. Pour l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un multimètre, un voltmètre ou un tournevis testeur n’en est pas un.

Cette vérification fait partie de la mise hors tension, avec la séparation et la condamnation du circuit. Si ce geste ne vous est pas familier, confiez l’intervention à un électricien.

L’intensité : ce que mesure l’ampère

L’ampère mesure l’intensité, notée I : le débit de charges électriques qui traverse le câble. Un ampère correspond à un coulomb de charge par seconde.

Les ordres de grandeur s’étalent très loin : un appareil en veille limité à 0,50 W tire environ 2 milliampères, notre radiateur de 2 000 W près de 8,7 A, et une plaque de cuisson justifie à elle seule un circuit protégé en 32 A.

Au tableau, chaque calibre correspond à une section de câble :

  • 10 ou 16 A sur l’éclairage en 1,5 mm² ;
  • 16 A sur des prises en 1,5 mm² ou 20 A en 2,5 mm² ;
  • 32 A sur la plaque de cuisson en 6 mm².

Sur un disjoncteur, le chiffre gravé ne me dit pas ce que je peux brancher. Il me dit quel câble il est censé protéger. Le calibre est un plafond fixé par la section du fil, pas une valeur à atteindre.

Le visuel associe un disjoncteur de 16 A à des conducteurs de 1,5 mm², un 20 A à 2,5 mm² et un 32 A à 6 mm².
Ces associations indiquent les sections de cuivre correspondant à ces calibres, selon le type de circuit concerné.

Monter le calibre pour qu’un disjoncteur cesse de sauter est le mauvais réflexe. On remplace un 16 A par un 20 A ou un 32 A sans regarder le câble.

Le disjoncteur ne déclenche plus, mais le fil chauffe dans la cloison. Le prix de cette erreur, ce n’est pas un appareil grillé, c’est un départ de feu.

Le bon calibre pour un radiateur ou pour un réfrigérateur obéit à des règles propres à chaque appareil. Ce guide ne dimensionne pas un circuit : pour une ligne neuve, la section du câble et le calibre se décident avec un électricien.

La puissance : ce que mesure le watt

Le watt, noté W, mesure la puissance P : un watt vaut un joule par seconde, soit le rythme auquel un appareil transforme l’énergie électrique en chaleur, en lumière ou en mouvement. La puissance s’obtient en multipliant la tension par l’intensité : P = U × I.

Pour notre radiateur, 230 V × 8,7 A redonnent bien environ 2 000 W.

Un radiateur résistif de 2 000 W alimenté sous 230 V appelle environ 8,7 A, calculés par division.

Le kilowattheure (kWh) mesure l’énergie consommée sur une durée, et le voltampère (VA) la puissance apparente : deux unités voisines du watt, qui ne mesurent pas la même chose.

Je déconseille de juger une facture sur les watts d’un appareil : c’est sa durée de marche qui fait les kilowattheures.

La résistance et l’ohm, la quatrième grandeur

La résistance, notée R, mesure l’opposition d’un conducteur au passage du courant. Son unité, l’ohm, se note Ω : un conducteur vaut 1 Ω quand une tension de 1 V y fait passer un courant de 1 A. Pour notre radiateur, elle vaut environ 26 Ω, soit 230 × 230 ÷ 2 000.

Cette opposition se paie en chaleur : c’est l’effet Joule. Dans le radiateur, il est recherché, puisque l’énergie absorbée ressort en chaleur. Dans un câble, il est subi : pour un même courant, plus le fil est fin, plus il chauffe.

Pour un particulier, je recommande de retenir ce que la résistance produit, plus que sa valeur en ohms.

Les deux formules qui relient volt, ampère, watt

Deux formules suffisent pour passer d’une grandeur à l’autre. La loi d’Ohm relie la tension, la résistance et l’intensité ; la formule de la puissance relie la tension, l’intensité et la puissance. Le tableau les applique au radiateur qui sert de fil rouge.

FormuleCe qu’elle relieRadiateur de 2 000 W sous 230 V
U = R × Itension, résistance, intensité26,45 Ω × 8,7 A ≈ 230 V
P = U × Ipuissance, tension, intensité230 V × 8,7 A ≈ 2 000 W

Chacune se retourne : I = P ÷ U convertit des watts en ampères à partir de l’étiquette, et R = U ÷ I donne la résistance à partir d’une mesure.

En courant alternatif, la seconde formule a une limite. Sur un moteur, U × I donne une puissance apparente, et la puissance réelle s’obtient en multipliant ce produit par le facteur de puissance, noté cos φ : P = U × I × cos φ.

Les électriciens constatent souvent que ce facteur est oublié : c’est lui qui explique qu’un moteur appelle plus d’ampères que sa puissance ne le laisse croire. Sur un radiateur, cos φ vaut 1 et la formule simple suffit.

Volt, ampère, watt : les confusions les plus fréquentes

Combien de watts ? Deux questions à préciser

« Un volt, ça fait combien de watts ? » La question n’a pas de réponse : la puissance, c’est la tension multipliée par l’intensité. Sans connaître le courant, on ne peut rien dire. C’est comme demander combien de litres fait une pression.

« Mon disjoncteur de 20 A, ça fait combien de watts ? » Sur le papier, 20 A sous 230 V donnent environ 4 600 W. Mais c’est une limite de protection, pas une capacité à exploiter en continu. Pour du chauffage, on reste autour de 4 500 W par circuit de 20 A.

Kilowattheure, kVA, 220 V : quatre autres confusions

Les autres confusions tiennent en une ligne chacune :

  • Watt et kilowattheure : 2 000 W pendant une heure font 2 kWh, la puissance multipliée par la durée.
  • kVA et kW : la puissance apparente et la puissance active ne se confondent que sur une charge résistive, comme un radiateur.
  • 220 V et 230 V : le premier chiffre est l’ancienne tension du réseau, le second sa tension nominale actuelle.
  • « Ce sont les ampères qui tuent » : l’intensité, dangereuse dès 5 mA, dépend de la tension et de la résistance du corps, selon l’INRS.

Avant de brancher un appareil de plus

Conseil de chantier : avant de brancher un appareil sur une rallonge, lisez sa puissance sur l’étiquette et comparez-la à celle qu’accepte la rallonge, inscrite sur son cordon ou son enrouleur. Une rallonge trop faible pour l’appareil peut chauffer sans que le disjoncteur ne coupe.

S’il ne fallait retenir qu’une chose : la tension doit correspondre, l’intensité ne doit pas dépasser la limite, et la limite d’un circuit, c’est son câble.

Entre volt, ampère et watt, votre prochaine étape dépend de votre question : un calibre se choisit en ampères, une facture se lit en kilowattheures. Une prise qui affiche une valeur étrange se vérifie au voltmètre, puis avec un électricien si l’écart persiste.

Questions fréquentes : volt, ampère, watt

Avatar photo

Marc

Électricien depuis plus de 20 ans, Marc a commencé comme compagnon avant de diriger sa propre entreprise d’électricité résidentielle. Il a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes de nombreuses installations. Aujourd’hui, il prend du recul et transmet cette expérience : normes NF C 15-100, tableaux et protections, câblage, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).

Défiler vers le haut