Mis à jour le 25/10/2026
Sur un chargeur ou un multimètre, un petit signe décide de ce que vous pouvez brancher ou mesurer. Le symbole du courant alternatif est le tilde ~, parfois remplacé par les lettres AC (pour alternating current, CA en français) ; le courant continu s’écrit ⎓, DC (direct current) ou CC.
Bien les lire évite deux erreurs coûteuses : régler un multimètre sur la mauvaise position, brancher un appareil sur un chargeur inadapté.
Quel est le symbole du courant alternatif ?
Le symbole du courant alternatif, le tilde ~, suit la tension : « 230 V~ » sur un lave-linge, « V~ » sur un multimètre. Le tilde fait partie des symboles graphiques utilisables sur le matériel que définit la norme CEI 60417 de la Commission électrotechnique internationale.
| Marquage | Type de courant | Où vous le lisez |
|---|---|---|
| ~ | Alternatif | Plaque d’un appareil branché sur le secteur (230 V~) |
| AC, CA | Alternatif, en toutes lettres | Étiquettes, notices, fiches techniques |
| VAC, ACV, V~ | Tension alternative | Cadran et écran d’un multimètre |
| ⎓, DC, CC, = | Continu | Chargeurs, piles, batteries, multimètre (V⎓) |
| Trait sur une sinusoïde (≃ à l’écran) | Alternatif et continu | Appareils qui acceptent les deux types de courant |
| 3~, 3N~ | Alternatif triphasé | Plaque d’un appareil de forte puissance |
Quant au tilde, beaucoup ne le voient même pas. Sur une plaque, ils lisent « 230 V- » et prennent la petite vague pour un tiret.
On m’a déjà décrit le symbole comme une « vaguelette » en me demandant si c’était important. Ça l’est : c’est lui qui dit que l’appareil attend de l’alternatif.
Le tilde « ~ » et la sinusoïde
Le tilde, symbole du courant alternatif, dessine en miniature la courbe de ce courant : une sinusoïde. Sur le réseau français, ce cycle se répète 50 fois par seconde, d’où les 50 hertz (Hz) inscrits sur les plaques. Comme le sens du courant s’inverse sans cesse, une source alternative n’a pas de borne + ni − fixe.

Je préfère qu’on retienne cette image de vague plutôt qu’une définition. Elle suffit pour reconnaître l’alternatif sur une plaque, même sans les lettres AC.
Les abréviations AC, CA, VAC et ACV
VAC et ACV, qu’affichent certains testeurs et fiches techniques, désignent une tension alternative. En anglais, AC désigne aussi la climatisation (air conditioning) : sur une plaque ou un cadran, ces lettres indiquent le type de courant.
La prise murale, c’est de l’alternatif ; la batterie de voiture, c’est du continu. En général, ça suffit pour que les gens s’en souviennent.
Le symbole du courant continu
Le courant continu se reconnaît au symbole ⎓ de la CEI : un trait plein posé au-dessus d’une ligne de tirets. Selon les fabricants, il devient « = », DC ou CC.
Sur un multimètre, la tension continue apparaît en V⎓, parfois en VDC ou DCV, pour « volts en continu ». Ce courant circule toujours dans le même sens : ses bornes portent une polarité fixe, + et −, sur une pile, une batterie ou un bloc d’alimentation. Pointes inversées, le multimètre affiche simplement un signe moins.
Sur les petits blocs à fiche jack, un pictogramme indique si le + est au centre ou à l’extérieur, et un bloc de polarité inverse peut endommager l’appareil. C’est comme ça qu’on grille une pédale d’effet ou un petit appareil audio.
Le symbole alternatif et continu (≃)
Certains appareils acceptent les deux courants, comme les moteurs dits universels ou certains carillons de sonnette « AC/DC ». Sur leur étiquette, cette double compatibilité s’écrit en toutes lettres ou par le symbole CEI 60417-5033, un trait droit au-dessus d’une sinusoïde, qu’on approche à l’écran avec ≃ (mêmes éléments, ordre inverse).
En mathématiques, ≃ signifie « asymptotiquement égal à ». Le lire comme « environ » serait un contresens : la tension écrite à côté reste la valeur à respecter. Je recommande de lire ce symbole comme une autorisation, pas comme une approximation : l’appareil accepte les deux courants, à la tension indiquée.
Lire le symbole du courant alternatif et continu sur un multimètre
Sur le cadran, V (tension) et A (intensité) sont suivis du symbole du courant alternatif (~) ou continu (⎓). La mention TRMS (true RMS, valeur efficace vraie) signale une mesure juste même quand le courant n’est pas une sinusoïde parfaite, comme en aval d’un variateur. La position Hz affiche une valeur proche de 50 Hz sur le réseau français.
| Position | Symbole | Ce qu’elle mesure |
|---|---|---|
| Tension alternative | V~ | Une prise de courant, le secteur |
| Tension continue | V⎓ | Une pile, une batterie, la sortie d’un chargeur |
| Intensité alternative | A~ | Le courant consommé par un appareil sur le secteur |
| Intensité continue | A⎓ | Le courant débité par une batterie ou un circuit en continu |
| Petites intensités | mA | Les courants faibles, en milliampères |
| Résistance | Ω | La résistance d’un composant, hors tension |
| Fréquence | Hz | La fréquence du réseau alternatif |
| Continuité | ))) avec signal sonore | Un fil ou un fusible coupé, hors tension |
Avant de mesurer, suivez ce conseil de chantier en quatre points.
- Pour une prise, réglez le multimètre sur V~ ; pour une pile ou une batterie, sur V⎓.
- Sur un appareil à calibres manuels, partez du calibre le plus haut, puis descendez.
- Pour conclure qu’un circuit est hors tension, testez d’abord le multimètre sur une source connue, et de nouveau après : un appareil défaillant peut afficher zéro malgré la tension.
- Vérifiez la catégorie de mesure (CAT) de l’appareil.
Les erreurs de branchement les plus fréquentes
Sur un multimètre, c’est la pointe rouge dans la borne 10 A pour mesurer une prise. Le raisonnement se tient en apparence : « ma prise est protégée à 16 A, donc je prends la borne qui supporte le plus d’ampères ». Le chiffre gravé près de la borne indique seulement l’intensité maximale mesurable ; un fusible interne la protège.
Une prise se mesure en tension, jamais en intensité. En mode intensité, le multimètre n’oppose quasiment aucune résistance. Posé sur une prise, il fait un court-circuit franc.
Au mieux, on grille un fusible et on voit un éclair. Au pire, ce sont les pointes qui fondent et l’électronique qui part avec.
Juste derrière, il y a la mesure de prise faite sur le calibre continu. L’écran affiche une valeur absurde, un chiffre qui saute puis zéro, et la personne conclut que sa prise est morte. Souvent, il suffisait de tourner le cadran sur V~, ou d’appuyer sur le petit bouton qui bascule entre AC et DC, que beaucoup n’ont jamais remarqué.
La catégorie de mesure CAT
Près des bornes, la catégorie de mesure (CAT II, III ou IV) indique la résistance de l’appareil aux surtensions selon l’endroit où vous mesurez, de la prise jusqu’à l’origine de l’installation.
Ce qui surprend les gens, c’est que la catégorie compte plus que le chiffre de tension. Un CAT III 600 V encaisse mieux une surtension qu’un CAT II 1000 V, même si le second paraît plus impressionnant.
Un appareil branché à une prise relève de la catégorie II ; le tableau, les disjoncteurs et le câblage fixe, de la catégorie III. Pour un particulier qui achète un multimètre, je dis CAT III, point. Autant prendre de la marge d’office.
Lire les symboles sur une plaque signalétique ou un chargeur
Un lave-linge porte par exemple « 230 V~ 50 Hz » : une tension alternative de 230 volts, à la fréquence du réseau européen.
Sur un chargeur de téléphone, « Input 100-240 V~ 50/60 Hz » décrit ce qu’il accepte du secteur. « Output 5 V⎓ 2 A » décrit ce qu’il envoie à l’appareil : du continu, sous 5 volts, jusqu’à 2 ampères.
Les gens lisent le premier chiffre qu’ils voient et le prennent pour la tension de l’appareil. Sur un petit adaptateur, on peut lire 230 V en entrée et 3 V continu en sortie : deux mondes différents sur la même étiquette.
Voyager avec un appareil : adaptateur ou transformateur
La phrase que j’entends le plus, c’est « elle rentre dans la prise, donc ça va marcher ». C’est faux, et c’est sans doute l’idée reçue la plus coûteuse.
Un adaptateur de voyage ne fait que changer la forme de la fiche. Il ne touche pas à la tension. Si l’appareil n’accepte qu’une seule tension, la forme de la prise ne le protège de rien.
On me demande s’il faut un transformateur pour partir à l’étranger. Ma réponse : si la ligne d’entrée indique 100-240 V~ 50/60 Hz, l’appareil s’adapte tout seul, et un simple adaptateur de forme suffit. Une entrée limitée à 220-240 V~ signale justement ce cas.
Remplacer un chargeur sans risque
Avant de brancher un chargeur pris dans un tiroir, lisez sa ligne de sortie :
- la tension ;
- le symbole du courant ;
- pour une fiche jack, le dessin de polarité.
Si la tension de sortie est trop haute, l’appareil réagit mal : voyant qui clignote, charge refusée, parfois pire.
Si la tension de sortie et la polarité correspondent, l’intensité ne m’inquiète pas trop : un chargeur capable de fournir plus que nécessaire ne force rien, l’appareil ne prend que ce dont il a besoin. Il faut seulement que le chargeur fournisse au moins ce que l’appareil demande.
Les symboles du courant sur un schéma électrique
Sur un schéma, la source alternative se dessine comme un cercle qui contient une petite sinusoïde. La source continue reprend le dessin d’une pile, trait long pour la borne +, trait court pour la borne −. Un voltmètre, lui, se représente par un cercle marqué de la lettre V.
Le triphasé a sa propre notation : « 3~ » pour trois phases, « 3N~ » quand s’ajoute le conducteur de neutre. Certaines tables de cuisson indiquent ainsi 220-240 V en monophasé et 380-415 V en 3N : elles se raccordent en monophasé ou en triphasé avec neutre, selon leur notice.
Le N est ce qui embrouille le plus. Certains pensent qu’un raccordement partiel change l’écriture du symbole. D’autres confondent le neutre et la terre, surtout sur d’anciennes installations où un fil a pu être raccordé n’importe comment.
Avant de raccorder un appareil triphasé, faites contrôler le tableau dans son ensemble par un électricien, pas seulement le disjoncteur concerné. Les marquages propres aux installations photovoltaïques et aux armoires industrielles sortent du cadre de ce guide, qui s’en tient au matériel de la maison.
Écrire le symbole du courant alternatif au clavier ou dans Word
Trois caractères Unicode couvrent l’essentiel :
- ⏦ (U+23E6), courant alternatif ;
- ∿ (U+223F), onde sinusoïdale ;
- ⎓ (U+2393), courant continu.
Dans Word, tapez le code sans « U+ », par exemple 2393, puis Alt+X : le symbole s’affiche, comme l’explique la page d’aide de Microsoft sur les codes Unicode dans Word. Dans un document, je préfère le vrai symbole ⎓ à un simple tiret : il ne laisse aucun doute à qui relit.
Pour un simple tilde, inutile de chercher : sur un clavier AZERTY, il s’obtient avec Alt Gr + 2.
Comment savoir si c’est du courant alternatif ou continu ?
Ce qui sort d’une prise murale est alternatif. Ce qui sort d’une pile, d’une batterie ou d’un panneau solaire est continu.
Après un bloc d’alimentation, le courant peut avoir changé de nature : lisez la ligne de sortie de sa plaque. Sur cette ligne, ⎓, DC, un + et un − signalent du continu ; ~ ou AC, de l’alternatif, comme sur les transformateurs de sonnerie.
Un bloc de remplacement doit fournir le même type de courant que l’original, sauf si l’appareil indique accepter les deux. La tension alternative monte en crête bien au-dessus de sa valeur affichée, environ 34 V pour du 24 V. Le même chiffre ne veut pas dire le même résultat.
Dans le doute, mesurez : réglez le multimètre sur V~, puis sur V⎓, et retenez la position qui affiche une valeur cohérente. Je ne fais pas confiance à la fiche produit d’un site marchand : j’ai vu des blocs annoncés « vers continu » qui sortaient de l’alternatif. La plaque d’abord, la mesure si elle ne suffit pas.
Avant de brancher un chargeur ou de tourner le cadran, lisez le symbole du courant alternatif ou continu à côté de la tension : ce petit signe évite de griller un appareil.
Questions fréquentes sur le symbole du courant alternatif
Électricien depuis plus de 20 ans, Marc a commencé comme compagnon avant de diriger sa propre entreprise d’électricité résidentielle. Il a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes de nombreuses installations. Aujourd’hui, il prend du recul et transmet cette expérience : normes NF C 15-100, tableaux et protections, câblage, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).





