Mis à jour le 07 octobre 2026
Une batterie virtuelle n’est pas une batterie : c’est un compte de kWh tenu par un fournisseur d’électricité. Sur la batterie virtuelle, avis d’électricien à l’appui, ma réponse tient en une phrase : utile pour quelques profils, rarement le meilleur choix. Le surplus de vos panneaux part sur le réseau, crédité puis récupéré plus tard, avec des frais qui changent tout le calcul.
Au printemps 2026, à Salon-de-Provence, un couple équipé de 3 kWc (kilowatts-crête) de panneaux m’a montré une offre reçue après un démarchage. J’avais d’abord comparé l’économie promise au Tarif Bleu, le tarif réglementé d’EDF. Nous avons refait le calcul avec la grille de leur nouveau fournisseur et ses frais : l’économie annoncée a fondu. Chaque page commerciale présente sa seule formule. Ce guide met côte à côte les deux modèles du marché et vous donne la méthode pour refaire le calcul avec votre propre facture.
📌 L’essentiel à retenir :
la batterie virtuelle existe en deux modèles. Le crédit illimité facture chaque kWh récupéré ; le forfait à capacité limitée inclut ces kWh mais perd le surplus qui dépasse. Depuis le 5 juin 2026, le surplus vendu ne rapporte plus que 1,1 c€/kWh pour un nouveau contrat : le stockage virtuel devient défendable, à condition de chiffrer les frais.

Un compte de kWh, pas un stockage d’électricité
Le stockage virtuel photovoltaïque est une écriture comptable : votre électricité n’est conservée nulle part. Elle part sur le réseau public et le fournisseur inscrit à votre crédit les kWh injectés, que vous « reprenez » ensuite sur votre consommation. Ce guide couvre le résidentiel jusqu’à 36 kVA en métropole. Les offres professionnelles et les territoires non interconnectés (DOM, régime ZNI) sortent du cadre. Pour souscrire, vous devez aussi prendre votre contrat de fourniture d’électricité chez le fournisseur de l’offre, selon la fiche stockage virtuel d’Hespul.
Quand vos panneaux produisent trop
En milieu de journée, vos panneaux produisent plus que la maison ne consomme. Ce surplus part sur le réseau, le compteur Linky le mesure, et le fournisseur le crédite en kWh sur votre compte. Rien ne change dans votre tableau : c’est pour cela que les vendeurs parlent d’une batterie « sans installation ».
Quand vous récupérez vos kWh
Le soir ou l’hiver, vous consommez du courant du réseau. Un kWh injecté en juillet et crédité sur votre espace client est déduit de la facture de janvier, au lieu d’être payé au prix de la fourniture. Le compteur ne voit aucune différence : seule la facture change. Ce kWh repris emprunte pourtant le réseau comme n’importe quel autre. Selon les offres, ce passage vous est refacturé à chaque kWh, ou inclus dans un abonnement : c’est là que se joue toute la rentabilité.

Batterie virtuelle : avantages et inconvénients
La batterie virtuelle coûte peu à l’entrée et ne demande aucun matériel, mais elle vous lie à un fournisseur et ne vous protège pas d’une coupure. Les deux listes ci-dessous reprennent les points que j’ai toujours fait vérifier avant une signature.
Les avantages
- Aucun équipement chez vous : pas de batterie à loger, pas de câblage supplémentaire.
- Pas d’entretien ni de remplacement de cellules au bout de quelques années.
- Un coût d’entrée faible : quelques centaines d’euros, contre 4 000 à 7 000 € pour une batterie physique de 5 à 7 kWh.
- Le report d’une saison sur l’autre : le surplus de juillet peut servir en janvier, selon le contrat.
Les inconvénients
- Des frais sur chaque kWh récupéré, ou un abonnement qui grimpe avec la capacité choisie.
- Le surplus confié au stockage virtuel n’est pas vendu : vous renoncez à le valoriser en contrat d’achat.
- Pas de prime à l’autoconsommation avec un stockage virtuel, d’après la fiche d’Hespul.
- Aucun courant pendant une coupure : la source précise qu’elle « ne pourra en aucun cas assurer l’approvisionnement ».
- Un crédit qui dépend de la santé du fournisseur.
- Selon les contrats, un crédit vidé automatiquement à des échéances fixées d’avance.
« Illimité dans le temps », lit-on sur une page commerciale. Ce qui fait foi, c’est la clause de votre contrat, pas la page d’accueil.
Le point que les vendeurs abordent le moins reste le changement de fournisseur. Une batterie virtuelle sans changer de fournisseur n’existe pas. Vous prenez l’offre d’électricité qui porte le stockage, avec son prix du kWh et ses futures hausses.
Ce que coûte vraiment une batterie virtuelle en 2026
Le coût d’une batterie virtuelle se compose de frais de mise en service, d’un abonnement mensuel, puis d’un coût par kWh récupéré ou d’une capacité plafonnée. Sur les offres qui facturent la récupération, l’acheminement et les taxes représentent environ 50 % du prix hors taxes du kWh récupéré [photovoltaique.info, fiche « Le stockage virtuel », 23/09/2025]. L’acheminement correspond au TURPE, le tarif d’utilisation du réseau public.
Batterie virtuelle : prix d’entrée et abonnement
La batterie virtuelle Urban Solar coûte 299 € TTC de mise en place pour un compteur jusqu’à 36 kVA. Comptez ensuite 1 € HT par kWc et par mois, sur toiture, au sol ou tracker. Pour la batterie virtuelle MyLight (MyLight150), l’activation coûte 279 € TTC depuis le 26 mai 2026. Une page plus ancienne du même fournisseur annonce encore zéro frais : faites confirmer le montant par écrit.
Les frais selon le modèle choisi
Le modèle à crédit illimité facture chaque kWh récupéré, c’est-à-dire chaque déstockage. Urban Solar publie un acheminement de 0,0499 € HT/kWh en option Base au 1er août 2026, auquel s’ajoutent taxes et contributions. MyLight détaille sa formule MyBattery : 0,05808 € d’acheminement, 0,03702 € d’accise (la taxe sur l’électricité) et 0,012 € de CEE (certificats d’économies d’énergie), toutes en TTC. Le modèle à capacité limitée (MySmartBattery chez MyLight150) inclut la récupération dans l’abonnement, à partir de 12,99 € TTC par mois pour 20 kWh. En contrepartie, le surplus qui dépasse la capacité souscrite est « gratuitement réinjecté dans le réseau » : vous le perdez sans être payé. La capacité peut augmenter chaque mois, mais ne baisse que tous les 12 mois.
Batterie virtuelle, comparatif des trois offres au 1er octobre 2026
| Offre | Mise en service | Abonnement | Coût par kWh récupéré | Source et date |
|---|---|---|---|---|
| Urban Solar Energy | 299 € TTC | 1 € HT/kWc/mois | 0,0499 € HT (Base), 0,0509 € HT (heures pleines), 0,0361 € HT (heures creuses), plus taxes | urbansolarenergy.fr, tarifs au 01/08/2026 |
| MyLight150 MyBattery | 279 € TTC | 1,20 € TTC/kWc/mois | 0,1071 € TTC (acheminement + accise + CEE) | mylight150.com, consulté le 01/10/2026 |
| MyLight150 MySmartBattery | 279 € TTC | dès 12,99 € TTC/mois (20 kWh) | inclus, dans la limite de la capacité | mylight150.com, consulté le 01/10/2026 |
❌ Erreur fréquente :
comparer l’économie promise au Tarif Bleu. En souscrivant, vous changez de fournisseur d’électricité : c’est sa grille à lui qui fixe la valeur de chaque kWh évité, et elle peut être plus chère.
Stockage virtuel ou vente du surplus : le calcul à refaire chez vous
Batterie virtuelle rentable ou pas : pour un nouveau contrat, le stockage virtuel rapporte davantage sur le papier que la vente du surplus. Celle-ci est devenue marginale à 1,1 c€/kWh, comme le montre le calcul ci-dessous. Pour un contrat d’achat signé avant le 5 juin 2026, la réponse dépend du tarif inscrit au contrat : il faut le comparer ligne à ligne.
Ce que vous abandonnez en changeant de modèle
Le tarif de 1,1 c€/kWh vaut pour les demandes de contrat déposées depuis le 5 juin 2026, sans prime à l’investissement. Les demandes antérieures conservent leurs anciens tarifs d’obligation d’achat auprès d’EDF OA [photovoltaique.info, tarifs ≤ 100 kWc, 17/06/2026]. Un producteur déjà sous contrat qui bascule abandonne donc un tarif fixé avant la réforme du 5 juin 2026 : c’est ce profil que les démarcheurs visent en priorité.
Le calcul pas à pas
Prenons une hypothèse ronde : 1 500 kWh de surplus récupérés dans l’année, sur une installation de 3 kWc. Le Tarif Bleu option Base 6 kVA, 0,2001 € TTC/kWh au 1er août 2026, sert ici de simple repère : votre fournisseur fixera le vrai prix du kWh évité. Calcul egpp 2026 avec la formule MyBattery :
- Économie par kWh récupéré : 0,2001 − 0,1071 = 0,093 €.
- Économie annuelle brute : 1 500 × 0,093 = 139,50 €.
- Abonnement : 3 kWc × 1,20 € × 12 = 43,20 €, soit 96,30 € nets par an.
- Activation de 279 € : remboursée en un peu moins de trois ans.
La même quantité vendue en nouveau contrat rapporte 1 500 × 0,011 = 16,50 € par an. L’écart est net, mais il repose sur le prix du kWh chez votre fournisseur. Avec un kWh facturé 0,18 € au lieu de 0,2001 €, le même calcul tombe à environ 66 € nets par an. L’activation met alors plus de quatre ans à se rembourser. Au 1er octobre 2026, EDF ne commercialise pas d’offre de stockage virtuel pour les particuliers : une batterie virtuelle EDF n’existe pas, et rester chez EDF exclut cette option. Le choix batterie virtuelle ou revente se joue donc entre un fournisseur alternatif et votre contrat d’achat.
🔧 Conseil de chantier :
refaites ce calcul avec votre dernière facture et votre relevé de production de l’année. Je recommande de demander au fournisseur une simulation écrite sur vos propres kWh, pas sur un foyer type.

Avant de souscrire : les 5 vérifications que je recommande
Avant de signer une offre de stockage virtuel, faites vérifier cinq points. Les trois derniers ne sont tranchés sur aucune page d’offre : posez la question par écrit. Une réponse orale de commercial ne vous protège de rien le jour où un point bloque.
Ce que les offres publient
- Compteur et réseau : Urban Solar exige un compteur Linky, un compteur jusqu’à 36 kVA et un raccordement au réseau Enedis, hors entreprises locales de distribution.
- Batterie virtuelle sur installation existante : MyLight150 accepte la souscription après la pose. Urban Solar annonce une migration gratuite jusqu’au 31 décembre 2026 pour les clients déjà raccordés chez un autre prestataire.
Ce qu’il faut demander par écrit
- Batterie virtuelle plug and play : Urban Solar réserve son tarif standard aux installations sur toiture, au sol ou tracker. Pour un kit de balcon, demandez si l’offre l’accepte avant de vous engager, et vérifiez la rentabilité d’un kit plug and play.
- Raccordement et Consuel : une batterie virtuelle sans Consuel est-elle possible ? Aucune page d’offre ne le dit. Demandez quelle pièce prouve que votre installation injecte légalement, et gardez la réponse avec votre contrat.
- Option tarifaire : Urban Solar cite les options Base, Heures pleines et Heures creuses, et la combinaison batterie virtuelle Tempo n’est confirmée nulle part. Si vous êtes en Tempo, faites confirmer la compatibilité par écrit avant de souscrire.
Le risque fournisseur : ce que l’affaire JPME a montré
Votre crédit de kWh ne vaut que ce que vaut le fournisseur qui le tient. L’affaire JPME l’a montré début 2026 : quand un fournisseur perd son autorisation, la fourniture continue, mais le sort des kWh crédités n’est garanti par personne.
Ce qui s’est passé
Un arrêté du 13 janvier 2026 a retiré son autorisation de fourniture à JPME, avec effet au 22 janvier. La décision vient du ministre chargé de l’énergie, pas de la CRE. Les clients devaient basculer automatiquement, sans risque de coupure, vers le fournisseur de secours : EDF sur 95 % du territoire, ou une entreprise locale de distribution. La source est le retrait d’autorisation de JPME publié par le Médiateur national de l’énergie.
Ce que je vous conseille
Le contrat qui permettait à JPME d’acheter l’électricité injectée, signé avec Enedis, était en cours de résiliation. Demandez dès la souscription un relevé écrit de vos kWh crédités, lisez la clause de sortie, et repérez un autre acheteur pour votre surplus. Je n’ai pas eu de client chez JPME : je ne me prononce pas sur le sort individuel de leurs crédits. Le cas reste rare, mais il touche le cœur du modèle : vos kWh n’existent que dans les comptes d’une entreprise privée. Une batterie physique, elle, reste dans votre garage même si son fabricant disparaît.

Batterie virtuelle ou physique : laquelle choisir ?
La batterie physique inverse les termes de l’échange : elle coûte cher à l’entrée, mais elle reste à vous, sans fournisseur imposé. Le calcul détaillé d’une batterie physique à domicile figure sur une autre page.
| Critère | Batterie virtuelle | Batterie physique | Vente du surplus |
|---|---|---|---|
| Coût d’entrée | 279 à 299 € TTC de mise en service | 4 000 à 7 000 € pour 5 à 7 kWh posés | aucun |
| Courant pendant une coupure | non | selon le matériel, à vérifier | non |
| Dépendance à un fournisseur | oui | non | acheteur du contrat |
| Durée | selon le contrat | 6 000 cycles garantis, une quinzaine d’années | 20 ans de contrat |
Les prix de batterie physique viennent du guide d’achat UFC-Que Choisir, pose comprise. Pour une solution intermédiaire, une batterie plug and play évite les gros travaux.
Batterie virtuelle avis : pour qui elle a du sens
Mon verdict : la batterie virtuelle a du sens pour un producteur raccordé depuis le 5 juin 2026, absent en journée, avec un gros surplus estival. Pour un producteur sous ancien contrat d’achat, je la juge rarement intéressante. Elle se défend aussi quand vous refusez de loger et d’entretenir une batterie. Elle en a peu si vous consommez déjà l’essentiel de votre production en journée : il ne reste presque rien à stocker.
Je déconseille de signer une batterie virtuelle avant d’avoir piloté le ballon d’eau chaude sur la production solaire : chaque kWh consommé à midi ne paie aucun frais. L’autoconsommation sans stockage reste la première économie, et le reste sert à baisser sa facture sans contrat supplémentaire.
Vos questions fréquentes
📖 Ce guide est informatif Les tarifs cités sont ceux publiés au 1er octobre 2026 et changent souvent. Avant toute modification de votre installation ou de son raccordement, consultez un installateur photovoltaïque qualifié QualiPV.
Pour vous forger votre propre avis sur une batterie virtuelle, sortez votre dernière facture, votre relevé de production annuel et votre contrat d’achat s’il existe. Avec ces trois documents, le calcul pas à pas vous donne votre chiffre, pas celui d’un foyer type. Posez ensuite les cinq questions par écrit au fournisseur. S’il ne répond pas clairement sur le sort de vos kWh en cas de résiliation, gardez votre surplus en vente et pilotez d’abord vos usages de midi. Si la réponse est claire, conservez-la avec le contrat : c’est elle qui comptera le jour où vous voudrez partir.
Électricien depuis plus de 20 ans, installé en Bouches-du-Rhône. Ancien compagnon devenu artisan, Marc a câblé des centaines de tableaux, tiré des kilomètres de gaines et remis aux normes des dizaines d’installations résidentielles. Il transmet ici son expérience terrain : normes NF C 15-100, gaines et conduits, tableaux et protections, branchements, bornes de recharge, photovoltaïque et ventilation. Chaque article est vérifié contre les sources primaires (AFNOR, Consuel, Enedis, ADEME).





